La légende du Maioré

vendredi 30 mars 2007

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La légende du Maioré  -  Légende tahitienne (ou l’origine du Maioré)

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VUNDA VA MAIORE

Lekepon
tiyir, vlevi artlapira ko tursia ke batakikeem, ugale aelakola is roduca va kot oceaniaf ewaleem erolayar.

Imweem tiyir awalkaf, aaleem ilbliyir. Wageyaal se, dum awalkafi sveripi yo, va toeem rumkawes tit tcurtaf ulim dere iskeyed. Se tulaviskano nodxo isu sfixo isu wikayxo isu bilmaalxo awalton turodaweyed. Koe bat letak, sanelia ilbliyir. Kelt tiyir karafaltaf, abdiplekuson va meka muvara. Koe fedaf diuzkiray, moe uling dem « pandanus », Moe va intafa iyekotjava ve vanmadayar. Azon, ranheson, inya nuvelayar da ko klokera lubeyer. Intaf abrotcaf ebeltaf usukeem va gazafi ingasiki askiyir ; kabdue grujdaf talgeem forteyawes kutceem fenkumuweyer.

Konakboron, Arutua aguntanik, va inya nhaseyer. Krupteyer da inya maneke tiyir listafa, artimon titisa kurenik ! Ise ta dositara va klokara ke zijnaf aguntanik, inye ve dankayar :

« Moe, moe, miel tir lodeaftaf dam rinaf vaptaalukaf usukeem vox lefedaf dam rinafa larida. Miel, ta preyutara va bata tamava lize hinano is tiare imwa se awalked, va min anamplekur ! Moe, Moe, va guema vanmiao anoduvendaxo grujupá, ise ta gejakuftanubara jinafa ma al vanpir gijarotifa. Vexe, ey Moe, co-tí pof is pirtaf tir mezolonafa ede bli va min co-graceter ! Moe, Moe, tori jin til lolistaf dam ranhas awalt. Ey Moe, ko rinaf usukeem va kofigasiki ke monoi dem tiare aneyatá ! »

Moe va dank ke aguntanik al terktayar. Bat dank va in zijnon koluyur. Va pitcas awalk mea modovayar. Djubliyir, ware djubliyir ta da va renonana puda ke Arutua ware rogilder ise va inafo po isu rena pokeon kotviele ropeztaler. Bam, silukon, ve kaliyir :

- Arutua, rin til jinaf renanik. Dum sielsuka koo toeem ke aito se ke piluda, rinaf kutceem dankar. Tuke minafa djublira, ey Arutua, va anameon mwarnes awalk acagitit. Koe mevta, va Taaroa proyaf guazik grupé. Ba jinafa nasbalara, in pu jinafa gadikya kaliyir da jin co-tití listaf dum gazdabitej ise in ta bliwetara tori jin tiyir gadiaf. Lanit ta da va in trasit !
Van mevta lize Taaroa bliyir sin ve mallaniyid.

Moe is Aratua van mevta lize Taaroa bliyir mallaniyid. Koo krantecorap yo ta aneyara va oga ke Taaroa laniyid nume tiyir teyawalton abrotcifa is cuusa avlara. Ematcap dem grelt yo va Moe dirnuson radimelaniyir.

Riwe sielon, Taaroa adim awiyir. Abrotcaf noldaf usukeem va niskafa vola xutayar, ise in moe torstiskafa kramtaalgama va int zobeyer. Nuvelayar vumeltaf is pof maneke va in wison aeles grelt yo en ve grupeyed da va in rodirnuyud. Moe kal raporap va lanira ve trenayar, azon azavzaweson ve iegayar :

« Proyaf guazik, va abdiplekuks askiyin ba jinafa nasbalara al setiké nume pí ta da va rin trasí nume askil da bliv, djubliv ise va sint djurenav ! ».

Taaroa pu in ve dulzeyer :

- Va rin kiavá, Moe ! Ba kova va rin al grupé viele tiyil listaf dum teina is fedaf dum tiare imwa. Tori rin, va kotabafa listuca askití ! Rin va tel titis rinaf bliradositik al kiblal. Inafa takra tidrenar viele in va rin nhaser. Mu rin va kotabafa aultovesuca askití !

Nume galova ve sokiyir. Alto ke Taaroa proyik ton Maiore ve artazukaweyer. Alto ke Taaroa proyik nuvelayar da ko sielgael titas va krant jeweyer, aze va divulaf tazuk yo narayar ; intafa java dum almuk ke guazaf aal tumucunaweyer, nimateem dum zae ko sid titickaweyer, voxe benu tugamaweyes meem toa se is ilt yo nasbalayad. Batinde maiore ve nasbalayar. Galova tiyir kotrafa. Lava ko rodafa ilava ke soist tolon toz traspuyur, taya se toltukusaweyed.
Kontomon kratelakiraf ilt yo kan aldo askid da gameem badieyed, nume kot grelt va wida dankason is siskeson va Moe dimlaniyir. Kotaf mielcek wivenon ugalzeyer, aze mali eldeviel, kurera va Arutua is Moe zo kotgrupeyer.
Malion sin, palseson va kaluca koe preyutanaf kirayam kene piluda vanmiae purao se, kalavielon bliyid.


 

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LA LÉGENDE DU MAIORÉ

C'était il y a très longtemps, bien avant l'arrivée des blancs dans nos îles, à une époque où la famine et la sécheresse désolaient toutes les îles océaniennes.

Les fleurs étaient mortes, les arbres agonisaient. Les cocotiers eux-mêmes, comme de grands oiseaux morts, laissaient pendre leurs feuilles roussies le long de leurs troncs rugueux. Les champs de taros et d'ignames, de patates et de bananiers, privés d'eau, séchaient au soleil. Dans ce désert, la population se mourait. Le ciel était d'un bleu pur, sans aucune promesse de pluie.
A l'intérieur d'un frais fare de bambou, sur une natte de pandanus, Moe redressa son buste de bronze. Puis debout, elle parut s'abandonner à un rêve. Ses longs cheveux noirs lui faisaient une parure royale, sur les dents de nacre s'entrouvraient ses lèvres sanglantes.

A quelques pas, Arutua, son fiancé, la contemplait. Qu'il la trouvait belle, celle qui, dans peu de temps serait sa femme! Et pour accompagner le rêve de sa douce fiancée, il chanta :
"Moe, Moe, la nuit est plus claire que ta chevelure d'ébène et moins fraîche que ta gorge. Que la nuit nous enveloppe pour nous cacher cette terre où meurent les fleurs du hinano et du tiare.
Moe, Moe, je sais mener ma pirogue parmi les récifs du lagon, et mon bras est devenu puissant à l'usage de la hache de guerre. Mais que m'importe, ô Moe, d'être fort et audacieux si la vie doit nous manquer!
Moe, Moe, tu m'es plus belle que le soleil qui se lève. Je chercherai dans tes cheveux ô Moe, le parfum du monoï parfumé au tiare."

Moe avait écouté le chant de son fiancé. Ce chant l'avait pénétrée doucement. Elle ne songeait plus à la mort qui les guettait. Elle voulait vivre, vivre encore pour toujours entendre la voie bien-aimée de Arutua, toujours sentir près d'elle sa force et son amour. Alors, à son tour, elle dit :
- Arutua, tu es mon aimé. Tes lèvres chantent comme le vent du soir dans le feuillage des aito de la plage.
Par notre désir de vivre, ô Arutua, nous résisterons à la mort qui rôde autour de nous. Je connais dans la montagne, Taaroa, un sage vieillard. Au jour de ma naissance, il dit à ma mère que je serais belle comme l'étoile du matin et qu'il était prêt à sacrifier sa vie pour moi. Allons donc le trouver!
Ils partirent vers la montagne où vivait Taaroa.

Moe et Taratua partent vers la montagne où vit Taaroa. Ils passèrent par les gorges profondes des vallées à la recherche de la demeure de Taaroa et ce fut une marche longue et fatigante, sous un soleil de feu. La longue file des tribus suivait Moe avec confiance.
Vers le soir, Taaroa leur apparut enfin.
Une longue chevelure de neige encadrait sa figure osseuse, et il s'appuyait sur une branche d'oranger, dégarnie de ses épines. Il avait un tel air de calme et de force qu'à sa vue, les tribus affamées comprirent vraiment qu'elles pouvaient lui faire confiance. Moe continua sa marche jusqu'à la grosse pierre, puis s'arrêtant, elle s'écria : "Sage vieillard. je me suis souvenue de la promesse faite à ma naissance et je suis venue te trouver pour que tu nous donnes la vie, nous voulons vivre et nous aimer!"

Taaroa lui répondit :
- Salut à toi, Moe! Je t'ai connue au berceau, belle comme le teina et fraîche comme la fleur du tiare. Pour toi, je ferai la beauté éternelle! Tu as choisi celui qui sera ton compagnon dans la vie. Son cœur se soulève d'amour lorsqu'il te contemple. Pour toi, je ferai l'abondance éternelle!

Et le miracle se produisit. Le corps du sage Taaroa se transforme en Maiore. Le corps du sage Taaroa sembla se fondre dans l'air du soir qui descendait des vallées, puis il prit des formes étranges, son buste devint noueux comme l'écorce des vieux arbres, ses jambes se fixèrent au sol comme des racines, tandis que sur les bras devenus branches naissaient des feuilles et des fruits. C'est ainsi que naquit le maiore. Le miracle fut complet. L'eau coula à nouveau dans le lit desséché des torrents, les champs reverdirent.
Parfois les fruits juteux faisaient ployer les branches sous leur poids, et les tribus revinrent à leurs cases en chantant les louanges de Moe.
Toute la nuit se passa en réjouissances, et, dés le lendemain, on célébra le mariage de Arutua et de Moe.
Dés ce moment, ils vécurent d'heureux jours, cachant leur grand bonheur, dans la modeste case cachée sur la plage, parmi les puraos.

                                                                                                       

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