Futhark elkan

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Le futhark elkan est une variante du futhark nordique commun (futhark). Sous cette forme il est utilisé par l'Elko et l'Urque. Contrairement à son homologue germanique il possède 40 runes et intègre la ponctuation et les chiffres.

Sommaire

Présentation

Le futhark est donc le nom que l’on donne à l’alphabet runique. Il se compose de runes et non de lettres et ces dernières ne se disposent pas de la même manière que dans notre alphabet, on parle alors d’ordre runique et non d’ordre alphabétique. Cet étrange alphabet tient son nom des six premières runes qui le compose (F, U, TH, A, R et K), tout comme le terme « alphabet » provient du nom des deux premières lettres de l’alphabet grec (alpha et bêta). Le futhark était utilisé par de nombreux peuples nordiques comme les Angles et les Vikings.

Le futhark est également un alphabet magique, il a en effet depuis toujours été associé à la divination et à l’ésotérisme. Il a donc de nombreuses applications outre sa valeur alphabétique.

Le futhark est composé de vingt-quatre runes. Le terme de rune provient d’une vieille racine indo-européenne véhiculant la notion de mystère, notion qu’elle partage également en Elko avec la clé RUN (mystère). Les runes sont des caractères droits et anguleux qui étaient au départ gravés dans la pierre, l’os ou le bois. Le dessin ci-dessous représente la rune mère : la sphère Hagalaz. Ce symbole est une matrice pouvant accueillir en son sein toutes les runes existantes. La rune mère est d’une importance capitale dans la culture runique, elle est associée à Odin, le dieu des runes.

Dans la tradition nordique, il existe différents futharks. Ceci est dû aux différents besoins qu’éprouvaient les diverses cultures et langues utilisant cet alphabet. Ainsi, il existe par exemple le futhark nordique commun, le futhark danois ou encore le futhark de Rök. De la même manière, la langue elkanne dispose de son propre futhark : le Kabda.

Le futhark nordique commun

Le futhark nordique commun, dont les origines sont encores floues de nos jours, comporte 24 caractères que l'on appelle runes, ce mot provient d'une racine germanique véhiculant la notion de mystère. Ces runes correspondent toutes à des caractères d'écriture et forment on ensemble un système alphabétique.

Remarques :

  • La lettre "ŋ" encore présente dans certaines variantes de l'Urque a disparu en Elko pour laisser place au digramme "kh".
  • La lettre "y" n'est plus utilisée en Elko depuis la réforme du 16 aût 2007. Seuls la lettre "ė"et son digramme "ei" sont préservés.
  • Etant donné que les digrammes "th" et "kh" sont composés de lettres déjà présentes dans l'alphabet elles n'ont pas intégrées l'alphabet de l'Elko. C'est pour cette raison que son alphabet ne compte que 22 lettres.

Le futhark elkan

Le futhark elkan ou rundar est une variante de l'ancien futhark nordique commun. Ce-dernier comprenait uniquement les 24 runes d'écriture alors que le futhark elkanne inclue également les signes de ponctuation et les chiffres.

Composition du Rundar

Le Rundar se divise en quatre sous-familles de symboles runiques. Cette répartition correspond aux différents besoins qu’exige une telle écriture.

  • 1.Les runes d’écritures
  • 2.Les runes ponctuelles
  • 3.Les runes numériques
  • 4.Les runes additionnelles

Les runes d'écriture

Au nombre de vingt-quatre, les runes d'écriture (ou nabrun) ne sont utilisées que pour l’écriture. Elles traduisent les différentes sonorités de la langue et permettent la formation des mots. A chacune de ces vingt-quatre runes est attribuée une lettre de notre alphabet : c’est la translittération.

Les vingt-quatre runes d’écriture se disposent dans un ordre différent de celui dont nous avons l’habitude. Cet ordre est appelé ordre runique, par opposition à l’ordre dit alphabétique. Cette séquence de vingt-quatre runes est appelée futhark dans la tradition germanique et morrun dans la terminologie elkanne.

F U Th A R K G W H N I J Ei P Z R S T B E M L Kh D O

Les runes ponctuelles

Au nombre de trois, elles représentent tous les signes de ponctuation. Le hasard fait bien les choses puisque d’un point de vue étymologique, on observe une certaine corrélation. Ainsi, les runes ponctuelles traduisent la ponctuation et ne sont formées que de points :

  • La rune ponctuelle « ROPHA » : elle se présente sous la forme d’un point placé à mi-hauteur entre deux runes. Ce signe graphique indique l’espace, la séparation de deux mots.
  • La rune ponctuelle « NOZA » : elle se présente sous la forme de deux points superposés entre deux runes. Ce signe graphique équivaut à tous les signes de ponctuation accessibles avec la touche « MINUSCULE » d’un clavier informatique français : la virgule, le point virgule, les deux points et le point d’exclamation. De manière générale cette rune marque une pause.
  • La rune ponctuelle « MUNA » : elle se présente sous la forme de trois points superposés entre deux runes. Ce signe graphique équivaut à tous les signes accessibles avec la touche « MAJUSCULE » d’un clavier informatique français: la point, le slash, le point d’interrogation. Il est également à noter qu’il démarre systématiquement une phrase. De manière générale, cette rune marque un début ou une fin de phrase. Ainsi, lorsque vous utilisez l’écriture runique, vous devez commencer et finir toutes vos phrases par ce signe graphique.

Les runes numériques

Au nombre de neuf, elles représentent tous les chiffres, et par extension, permettent de former tous les nombres. Les autres cultures utilisant le futhark n’ont pas de système de numérotation proprement dit. Les chiffres et les nombres sont en fait des valeurs attribuées aux runes elles-mêmes, comme les lettres hébraïques de la Kabbale. En revanche, en Elko, il existe neuf runes uniquement dédiées à cet usage numérique, elles n’ont donc pas de valeur alphabétique.

Les runes additionnelles

Au nombre de quatre, ces symboles ne sont pas à proprement parler des runes mais plutôt des éléments graphiques accessoires fonctionnant de paire avec les runes.

  • Les barres d’écritures ou Segrun : il s’agit de deux barres parallèles horizontales qui délimitent l’écriture runique. Elles ne sont pas obligatoires mais juste esthétiques.
  • Les guillemets ou Gamrun : il s’agit de petits traits qui se placent de part et d’autre d’une séquence runique. Ce signe graphique partant de la ligne d’écriture supérieure et s’arrêtant à mi-hauteur équivaut à tous nos signes de ponctuation qui permettent de mettre à part certaines informations, tels que les tirets, les parenthèses, les crochets, les slashs, les crochets ou même les accolades.
  • Les runes pointées ou Rarrun : Les runes majuscules n’existant pas, on se sert de runes pointées. Cela consiste à placer un point esthétiquement auprès de la rune initiale d’un mot, ou auprès de l’une des runes composant ce même mot.
  • Les runes directionnelles ou Egrun : Ils s’agit de runes indiquant le sens d’écriture. Elles existent au nombre de quatre. Il s’agit de quatre positions différentes de la rune Kana (<) dont la pointe nous informe sur le sens d’écriture à la manière d’une flèche. Notez cependant qu’elle est considérée par défaut et qu’elle est par conséquent sous-entendue lorsque l’écriture va de la gauche vers la droite.

Les runes liées

Lorsque deux ou plusieurs runes sont graphiquement reliées entre elles on parle de Kimrun ou runes liées. Les runes liées les plus courantes sont en fait composées de trois runes puisqu’il s’agit de la représentation d’une clé mais c'est surtout la graphologie runique qui utilise beaucoup le concept des runes liées. Les signatures et marques d’identification les utilisent également.

Les runes liées ne font donc pas partie du Runda, il s’agit juste de simplifications esthétiques, utilisées pour leur qualité graphique ou pratique.

Marrun : La grille de Référence

La grille de référence runique ou marrun est formée de quatre rangées de neuf cases appellées tammor. Chacune de ses rangées porte le nom de l’un des cinq éléments du Feng Shui :

  • 1 : Tammor du feu : première rangée
  • 2 : Tammor du bois ou de l'air : seconde rangée
  • 3 : Tammor de l'eau : troisième rangée
  • 4 : Tammor de la pierre : quatrième rangée
  • 5 : Tammor du métal : regroupe toutes les runes additionnelles non présentes dans la marrun.

La marrun est également formée de neuf colonnes de quatre cases appellées Elsul. Chacune de ses colonnes porte le nom de l’un des 9 types de chi du Feng Shui :

  • 1 : Enaf direction nordtrigramme yin/yang/yin
  • 2 : Miu direction sud-ouest trigramme yin/yin/yin
  • 3 : Lajath direction est trigramme yin/yin/yang
  • 4 : Kheja direction sud-esttrigramme yang/yang/yin
  • 5 : Dapar direction centretrigramme aucun
  • 6 : Ozak direction nord-ouest trigramme yang/yang/yang
  • 7 : Saga direction ouest trigramme yin/yang/yang
  • 8 : Tapa direction nord-est trigramme yang/yin/yin
  • 9 : Baha direction sudtrigramme yang/yin/yang
Morrun
Elsul 1 Elsul 2 Elsul 3 Elsul 4 Elsul 5 Elsul 6 Elsul 7 Elsul 8 Elsul 9
Tammor 1 : le feu f u th a r k g w h
Tammor 2 : le bois ou l'air n i j ei p z s t b
Tammor 3 : l'eau e m l kh d o . .. ...
Tammor 4 : La pierre 1 2 3 4 5 6 7 8 9

La polarité runique

Dans le tableau ci-dessous sont classées les vingt-quatre runes d’écritures. Les lignes permettent d’observer l’aspect technique de celles-ci. Les colonnes (de A à D) mettent en évidence leurs rapports morphologiques. Cela signifie que toutes les runes appartenant à une même colonne ont un fonctionnement et une forme très proches. Cette ressemblance a été utilisée pour structurer la langue. Par ailleurs, l’ensemble de ces données n’est bien évidemment pas à connaître par cœur. Elles ne sont juste là qu’à titre d’information. Toutes les runes fonctionnent par paire, chaque rune correspond à une autre et vice-versa, c’est ce que l’on appelle la polarité.

La Marrun
type de lettre colonne A colonne B colonne C colonne D type de lettre
voyelles fortes a o u w voyelles fortes
voyelles faibles ei e i j voyelles faibles
consonnes sourdes p t k s consonnes sourdes
consonnes sonores b d g z consonnes sonores
shagas f th kh h shagas
consonnes sonantes r m n l consonnes sonantes

Neutralité et futhark

L'Elko se présente comme une langue neutre et a priori, et pourtant elle emprunte son système alphabétique à une langue existante. On est en droit de se poser la question quant à la pertinence de ce choix et à la réalité de cette neutralité. Si l’on y réfléchit bien, le choix du système alphabétique importe peu, il appartient forcément à une culture donnée. Il ne s’agit là de toute façon que d’un support graphique à la langue. Et, nombreuses sont les langues qui ont su changer de système alphabétique au cours de leur histoire sans en altérer leur culture, tel est le cas du turc, du polonais et bien d’autres encore.