Emprunt

Un article de Ideopedia.

Sommaire

Définition

Un emprunt lexical ou plus couramment emprunt est un mot ou une phrase empruntée à une langue étrangère, sans être traduit (dans le cas contraire on parlera de calque). Cet emprunt peut être direct (s'il provient directement d'une langue étrangère) ou indirect (s'il provient d'une langue qui l'avait précédemment emprunté à une autre).

Les emprunts se font de manières très diversifiées, selon les époques et les besoins lexicaux. Les emprunts sont parfois les témoins d'une mode ou de rapprochement de communautés linguistiques différentes. En ce qui concerne le français, il a longtemps emprunté au grec, aujourd'hui chez les jeunes la tendance est plus à l'anglais ou à l'arabe.

Selon les exigences de la langue ou travers du temps, l'emprunt peut être amené à se modifier ainsi le terme sauerkraut emprunté à l'allemand à donné surkrut en alsacien puis choucroute en français.

On trouve, en français, aussi bien des emprunts sans modification de l'orthographe (et/ou de la prononciation) :

football, piano, pizza...

ou bien des emprunts adaptés, soit par besoin d'orthographe ou de prononciation, voire à cause d'alphabets différents :

schwa, algèbre, rosbif, choucroute (cf ci-dessus).

Aller/retour

Le mot français "tonnelle" (sorte de petit tube grillagé, couvert de végétation, qu'on trouve dans les parcs & jardins) s'est transformé de l'autre côté de la manche, en "tunnel" (avant même Eurotunnel !), lequel a servi là-bas à désigner ce que, chez nous, à l'époque du développement des exploitations ferroviaires, on appelait des "percements".

Ce cas d'aller-retour n'est pas unique ! il en est également le cas d'autres mots, comme budget, challenge, gadget...

Drôles d'emprunts

Ils y a certains noms dont l'emprunt a été assorti d'un changement de sens ; voire, le mot originel n'est pas du tout utilisé dans l'acception adoptée par la langue emprunteuse. Ainsi, un "smoking" n'a jamais été utilisé en Grande-Bretagne[1]ni aux États-Unis[2]pour désigner une veste de costume. D'autres mots, en apparence des "emprunts", ne le sont pas du tout et n'ont jamais existé dans la langue-source (forcing, notamment). Ces mots sont en fait une "cuisine linguistique" destiner à rechercher un effet particulier (latin de cuisine, anglais de cuisine...).

Pluriel des noms

Dans la plupart des cas, on prend le singulier du nom concerné, et on y applique la règle grammaticale française du pluriel. Toutefois, on peut avoir des surprises avec certains mots, dont la langue française a déjà pris le pluriel, comme par exemple "spaghetti". Cette règle n'est pas partagée par toutes les langues, et même en français, les pluriels francisés froissent certaines oreilles ou certains lecteurs ; ainsi, pour des mots de langues "proches", on peut trouver l'un ou l'autre (avec une préférence académique depuis 1990 pour le français) : rugbymen ou rugbymans... On ne dira cependant que "des troïkas", et non des troïki.

Idéolangues

Les langues a posteriori sont faites exclusivement d'emprunts, soit d'horizons très divers (espéranto), soit de racines beaucoup plus localisées (interlingua). Ces emprunts sont, par conséquent adaptés à une orthographe ou une phonologie, de manière beaucoup plus systématique que pour une langue naturelle, sinon, à quoi bon créer une nouvelle langue ! On retrouve plus où moins la même démarche avec les langues mixtes. Certaines d'entre elles, ayant un vocabulaire propre, font aussi appel à des calques[3].

Comme son nom l'indique, une langue a priori est, en principe, entièrement préservée de tout type d'emprunt quel qu'il soit. Une ressemblance entre un mot d'une langue a priori et un mot d'une langue naturelle ne saurait être que pure coïncidence.

Liens

Liens internes

Liens externes

Source



  1. Dinner jacket.
  2. Tuxedo
  3. Ainsi, en aneuvien, un garde-boue se dira-t-il simplement mupwíçh, constitué d'éléments a priori, calque exact du mot français d'origine.