Participe

Un article de Ideopedia.

Sommaire

Définition

Le participe est un mode réputé impersonnel qui participe dans beaucoup de conjugaisons. Il entre dans la formation des temps composés dans toutes les langues romanes (notamment les temps "accomplis") ainsi que dans l'allemand et l'anglais. Dans ce dernier cas, on trouve même des temps "surcomposés" où on trouve les deux temps du participe dans une même conjugaison.

Anglais They have been working for ten years. = Ils travaillent depuis dix ans.

Il existe aussi en tant que mode principal et peut transformer un verbe en adjectif.

Usages

  • Les temps perfectifs (ou accomplis, c'est selon) utilisent donc, très souvent, le participe passé du verbe du procès, et c'est l'auxiliaire ("avoir", le plus souvent[1]) qui est conjugué au temps simple correspondant. Ainsi, on a :
Passé composé (ou present perfect (Anglais) ; ou passé du subjonctif) = aux. au présent + Participe passé
Plus-que-parfait (indicatif ou subjonctif) = aux. à l'imparfait + Participe passé
Futur antérieur (indicatif ou subjonctif[2]) = aux. au futur + Participe passé.
  • On a également les temps progressifs, qui se forment au moyen de l'auxiliaire "être" + le verbe du procès au participe présent ; par exemple :
Anglais She was listening some music = Elle écoutait (elle était en train d'écouter) de la musique.
Castillan Esta andando = Il marche.
  • La voix passive utilise, dans ces mêmes langues, l'auxiliaire "être" avec le participe passé du verbe du procès ; avec les ambigüités que ça risque de susciter.

Sinon, le participe peut être utilisé en tant que tel, comme "mode principal", dans une proposition, ou bien...

Agitant ses grelots/Elle avança/Et prononça ce mot :/Alméria.
S Gainsbourg

On trouve même une variante (entre autres, en français), du participe dans cet usage : le gérondif.

Adjectif verbal

En français, du moins, l'adjectif verbal est formé à partir du participe présent. Cependant, le participe passé d'un verbe peut également être employé en tant qu'adjectif, certes, dans un usage et un sens différents de celui du précédent, mais grammaticalement, ils se rejoignent :

L'adjectif s'accorde en nombre et en genre avec le nom auquel il se rapporte.
Le verbe au participe présent est invariable.
Le participe passé ne s'accorde avec le sujet (ou le COD) que dans certaines conditions[3].

Comment reconnaît-on donc un adjectif d'un participe ?

Un adjectif n'a ni COD, ni complément circonstanciel, ni complément d'agent.
Un verbe au participe ne peut se mettre ni au comparatif, ni au superlatif.
Lorsque la forme en "-ant" est précédée de "en", c'est un gérondif, donc une forme verbale[4].

Certaines phrases peuvent donc faire hésiter.

Ils arrivèrent, très fatigués.
Ils arrivèrent, bien fatigués par le voyage.

Le deuxième est le verbe "fatiguer", flanqué d'un adverbe et d'un complément d'agent. Le premier est un adjectif (verbal ? Pourquoi pas ! puisqu'il est issu du verbe "fatiguer") au superlatif absolu de supériorité et épithète détachée de "ils".


Idéolangues

Aneuvien

En aneuvien, les temps composés ne le sont pas sous la forme d'un auxiliaire et d'un participe passé. Il reste donc au participe aneuvien deux utilisations.

  • La forme personnelle : laquelle est largement inspirée de l'anglais pour ce qui est du présent et de l'imparfait progressifs, à ceci près qu'au présent, seul le verbe au participe apparaît, derrière le pronom personnel.
Bisrúvet es pylaser: e spiysun = Rappelle-moi plus tard : je déjeune.
Eg ere spiysun tev o ruva = Je déjeunais quand tu as appelé.

Le participe personnel est également utilisé au futur : il s'agit d'un futur progressif, à distinguer de l'inchoatif, conjugué avec ăk et le même mode :

Nep mir ruvet es ilidaw: eg mir spiysun : Ne m'apelle pas à midi : je mangerai.
  • Les formes impersonnelles sont les plus utilisées puisqu'elles regroupent la traduction depuis d'autres langues :
des noms verbaux : sliyfun ep ùt reenem slov = dormir est un bien grand mot.
des propositions infinitives : eg audja ar hrigun = Je les ai entendus crier.
des propositions participes : àt dermar lægakuna, eg potna nep adkòstun = la marée ayant descendu, je n'ai pas pu accoster.
du gérondif : da lokùt las sliyfun = Il parle en dormant.
de l'inchoatif : Ăk harmentun, eg vedjă ed neràpkaż àt pradhemev ùt elikógdun = Allant faire mes courses, je vis ma fille au bras d'un inconnu.
  • L'aneuvien a, bien entendu, ses adjectifs verbaux, lesquels sont de deux types
Le premier coïncide avec les verbes au participe présent[5]. Il s'accorde en nombre avec le nom qui lui correspond.
Le deuxième, traduction des participes passés employés comme adjectifs, est clairement distinct du participe passé. Le A, ajouté au participe présent pour faire un participe passé (cf. ci dessus, l'exemple de la marée) est ici, substitué au U du participe présent :
Eg vedja ase renearane.[6]= Je les vis fatigués.
Eg vedja ase cem renearuna[7]per àt làmyvatev. = Je les vis fatigués par le voyage.

Espéranto

Le participe espétanto participe énormément à la conjugaison, à tout les temps, dans deux aspects et à deux voix.

Pour l'obtenir, on prend le radical du verbe à l'infinitif, mettons am- (aimer).
on y ajoute le temps du participe : -A-, -I-, -O-
on y ajoute un -N- si c'est un participe actif (pour l'aspect progressif ou accompli, à la voix active)
et on finit pat le suffixe -ta.

L'auxiliaire est toujours esti (être).

Sinon, en tant que verbe :

Ruliĝanta rapide li ne haltis lia aŭton tempe. = Roulant à vive allure, il n'arrêta pas sa voiture à temps.


Kotava

Le participe se conjugue aux trois temps en kotava et peut prendre les différentes modalités, c'est donc un mode à part entière. D'autant plus qu'il remplace, dans la phrase kotava courante, la proposition subordonnée relative.

Participe actif : -S
Participe passif : -N
Participe complétif : -MB

exemples à venir

Psolat Psolat

Le participe est utilisé en tant que verbe à part entière et est conjugable au futur, comme en latin. On ajoute simplement -and derrière le présent de l'infinitif :

Kantarand fluxirit. = Sur le point de chanter, il toussa.

On retrouve également les adjectifs verbaux, homonymes des participes correspondants. On y ajoute simplement le -E pour le neutre, le -A pour le féminin, le -O pour le masculin et le -S pour le pluriel :

Vendede = vendu.

Uròpi

L'uròpi se sert des participes de la même manière que les langues romanes, l'anglais et l'allemand. Le participe passé s'obtient en ajoutant -EN au radical du verbe. On utilise l'auxiliaire avo (avoir).

I avì sopen = J'avais dormi, j'eus dormi.

Ce même participe est utilisé en voix passive, mais derrière l'auxiliaire vido (devenir).

De galin vidì jeden = Le poulet a été mangé.

On retrouve également, comme en anglais, le participe présent, derrière l'auxiliaire so (être). On ajoute -AN derrière le radical du verbe du procès : Ce sì skrivan = Elle écriv(a)it.

Les formes participes peuvent bien sûr servir d'adjectifs, comme dans d'autres langues. On remarquera alors une différence de sens, selon l'auxiliaire employé :

de dor se opren = la porte est ouverte (c'est son état)
de dor vid opren pa de varkor = la porte est ouverte par l'employé.
  1. Quoi qu'en français, certains verbes, dont beaucoup de verbes de déplacement conjuguent leurs temps composés avec "être".
  2. Espagnol & Portugais
  3. Il est invariable en anglais, tout comme l'adjectif, ce qui simplifie bien les choses !
  4. Mais, il peut aussi s'agir d'un nom :
    Ils parlent en sachant ce qu'ils disent.
    Ils parlent en savants.
  5. Sauf exceptions, comme obaukun = menaçant (adj.) ≠ obauxun = menaçant (vrb.).
  6. C'est un adjectif (ici épithète détachée), il y a donc un accord.
  7. La forme en -una est toujours verbale.