Orthographe

Un article de Ideopedia.

de ὀρθός (droit) et γράφειν (écrire), l'orthographe est l'ensemble des règles, pour une langue disposant d'une écriture, permettant d'écrire correctement un mot. Ces règles sont dictées

par la phonologie
par l'étymologie
par la grammaire
par l'usage.


Les langues naturelles ont, en général, une orthographe plus ou moins compliquée, plus ou moins truffée d'exceptions, d'homonymes, de règles (plus ou moins) justifiées par l'étymologie et les transformations, au cours de l'histoire de tel ou tel mot.

La modification orthographique d'un mot est, en général (du moins, pour une bonne partie des langues naturelles les plus pratiquées) est visée par une académie ; laquelle examine et approuve (ou non) les transformations officieuses dues à l'usage du mot. Sauf dans quelques rares cas extrêmes, l'ancienne version et la nouvelle cohabitent ; c'est à dire que l'ancienne orthographe (mettons : "aiguë") n'est pas encore considérée comme caduque (donc devenue fautive), alors que la nouvelle ("aigüe") est non seulement admise, mais officialisée.

On peut rencontrer, à l'intérieur d'une même langue naturelle, des variations orthographiques d'un même mot selon l'endroit où il est écrit. Ainsi, lorsqu'au Royaume-Uni, on écrit colour, tyre & centre, aux États-Unis d'Amérique, on aura plus de chance de lire sur divers inscriptions : color, tire & center.

Idéolangues

Les langues schématiques ont une orthographe très rigoureuse, mais très simple : la connaissance de la prononciation d'un mot et de la grammaire (dépourvue d'exceptions) suffisent pour l'orthographier sans aucune faute.

  • L'espéranto est le type même de langue à orthographe absolument régulière, absolument conforme à la phonologie et dont les règles grammaticales n'entraînent aucune mauvaise surprise. Certes les verbes sont invariables en personnes, mais le sujet (avec son nombre audible : en -j ou avec le pronom personnel) est toujours là pour dissiper la moindre ambigüité ! Ainsi, les mots n'ont pas changé d'orthographe depuis leur création.
  • Avec une rigueur et une exactitude assez proches de celle de l'espéranto, l'elko a subi, au cours de son histoire, de petites modifications pour certains de ses mots, notamment ceux qui comprenaient la voyelle Ė (représentée alors Y ou EI).
  • Les concepteurs des langues auxiliaires (sans avoir les mêmes règles que celles de l'espéranto) s'efforcent d'avoir l'orthographe la plus linéaire possible. Toutefois, il faut mentionner l'interlingua dont la règle du C et du G rejoint celle des langues naturelles romanes, plutôt que celle du "une lettre ↔ un phonème".

Les langues pseudonaturelles se situent, en général, entre ces deux extrêmes, voire même au delà, pour certaines langues artistiques qui auraient, par exemple, pour mission de noyer le(s) protagoniste d'une fiction dans une ambigüité permanente, afin de le faire sombrer dans la folie.

  • L'orthographe aneuvienne se situe grosso modo entre celle d'une langue schématique et celle d'une langue naturelle. La seule voyelle pouvant être amuïe est le E (pluriel, sauf derrière deux phonèmes ou un affriqué), quant aux consonnes, seule une difficulté de prononciation peut en rendre une muette. Le concepteur de l'aneuvien s'est fait une règle d'éradiquer les mots[1]homographes non homophones.

  1. Les mots : pour les lettres, on peut rencontrer, même à l'intérieur d'un même mot, des prononciations différentes, comme
    erer /ɛʁəʁ/ = sommes (verbe)
    -dutul /dytul/ = ensemble de personnes
    goton /gotɔn/ = de corde.