Olyen

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(Caractéristiques grammaticales illustrées)
(Caractéristiques grammaticales illustrées)
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-La plupart des lois statistiques recensées par Greenberg sont respectées.
-La plupart des lois statistiques recensées par Greenberg sont respectées.
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==Caractéristiques grammaticales illustrées==
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==Quelques caractéristiques grammaticales illustrées==
===Grammèmes de rôle===
===Grammèmes de rôle===

Version du 6 octobre 2018 à 10:38

  olyen
Cánhol
 
Année de création 2018
Auteur Hanhól Hoguèm
Régulé par
Nombre de locuteurs
Parlé en
Idéomonde associé oui
Catégorie Persolangue, expérimentale, artistique
Typologie Langue mixte, SVO, à prééminence du thème, agglutinante, active-stative, à accent de hauteur
Alphabet Lähýn, Latin
Lexique
Version
Codes de langue
ISO 639-1
ISO 639-2
ISO 639-3
Préfixe Idéopédia IDEO_OLY

L' Olyen (endonyme : Cánhol) est une idéolangue créée en 2018 par Hanhól Hoguèm.

Sommaire

Historique

Présenté pour la première fois le 29 septembre 2018, sur l'Atelier, l'olyen fut entamé début 2016, et son "gros-oeuvre" grammatical abouti en mi-2018.


Description

Vocabulaire

-Issu de racines proto-indo-européennes et d'un substrat inconnu;

-Reposant sur un nombre assez réduit de racines (quelques milliers), invariables et presque toutes monosyllabiques;

-Usage aisé et quasi-génératif de plusieurs centaines d'affixes de façon à compenser cette pauvreté lexicale.

Phonologie

-Inventaire somme toute assez classique, excepté -pour des locuteurs de la plupart des langues i-e- par la présence d'un accent de hauteur (dans la plupart des dialectes, le septentrional ayant un accent tonique à l'instar de l'espagnol), de voyelles craquées et de consonnes post-alvéolaires labiopalatalisées ou labiales-vélaires. Inventaire disponible ici.

Morphophonologie

-Accent de hauteur, dont la fonction est aussi grammaticale en ce qu'il sert de démarcation entre lexème (accentué) et grammème (inaccentué (par défaut du moins)), ces derniers étant tous préfixaux (cf point dédié à la morphosyntaxe);

-Seules les configurations syllabiques CV (fréquente surtout pour les grammèmes), CVC (de loin la plus fréquente parmi les lexèmes), CCV et CCVC sont admises, et parmi les groupes consonantiques, seules les montants sont possibles, tandis que seuls huit phonèmes peuvent figurer en coda (où en outre il n'y a pas de distinction phonémique de voisement);

-Les voyelles connaissent trois distinctions phonémiques, de quantité, de ton et de modulation, mais uniquement dans les lexèmes pour les deux premières;

-Le rythme peut être décrit comme syllabique (le timbre vocalique n'est pas altéré par l'accentuation) ou comme morique, voire tonal dans le sociolecte familier ou chanté (et par la présence d'un sandhi tonal non phonémique, distinguant l'olyen des langues purement syllabiques), il n'y a en fait guère de consensus.

Morphosyntaxe et typologie

-La syntaxe de l'olyen est assez souple par le marquage morphologique des rôles/fonctions grammaticales (sur l'argument au moyen des grammèmes de rôle) et de la thématisation (sur la fonction au moyen de grammèmes d'arités et par l'ordre des composants de l'énoncé), mais l'ordre SVO et centrifuge (déterminé-déterminant) sont en pratique presque hégémoniques.

-Nettement agglutinante, tendances polysynthétiques en apparition (incorporation), mais sa grande régularité et la souplesse d'ordre des grammèmes a incité certains linguistes à classer l'olyen dans un type intermédiaire entre langue analytique et agglutinante;

-Fortement centrifuge, grammèmes exclusivement préfixaux et ordre habituellement déterminé-déterminant, ce y compris pour les déterminants grammaticaux;

-Thématisation morphologiquement marquée (sur la fonction/verbe);

-Marquage casuel;

-Structure d'actance active-stative, relativement fluide;

-Faible distinction intrinsèque entre verbe et nom parmi les lexèmes-racines (plutôt entre concrets-statifs et abstraits-dynamiques), celle-ci étant davantage assurée par les grammèmes casuels, thématisants (focalisants) et actanciels. De fait, dans un énoncé, n'importe quel lexème peut revêtir n'importe quelle fonction syntaxique. Il convient de noter que les termes d'"argument" et de "fonction", respectivement pour nom et verbe, sont plus fréquemment usités en grammaire olyenne;

-De même, pas de distinction morphologique entre complément du nom, épithètes, applicatifs et relatives parmi les déterminations, tous encodés par des grammèmes applicativo-déterminatifs;

-Forte distinction intrinsèque entre lexèmes statifs (dénotant des entités concrètes ou des états) et dynamiques (dénotant des processus ou des concepts);

-Marquage du nombre et des types de relation entre la fonction/verbe et les arguments/noms sur ce premier particulièrement riche et complexe, quoique régulière et autorisant un éventail de nuances difficilement traduisibles;

-Aux adjectifs grammaticaux français (démonstratifs, numéraux, interrogatifs, quantitatifs, etc) correspondent en olyen des nom/arguments dont les entités afférentes sont les déterminants, comme cela existe résiduellement en français ou en anglais (un million de, beaucoup de, peu de, a lot of, a bit of, etc);

-Aux tournures complétives en français correspondent en olyen des voix/arités causatives

-Polypersonnalité;

-Cadrage satellitaire;

-Marquage spécifique aux fonctions/verbes dénotant des affects et/ou des perceptions;

-Absence de marquage morphologique de nombre et de temps, en revanche, riche inventaire de grammèmes d'aktionsarten et pluratifs "holistiques";

-Absence d'articles, la définitude étant marquée par la thématisation et/ou par l'ordre des arguments (les deux processus se superposent en fait quasiment en olyen);

-Joncteurs traités comme des "métafonctions" (verbes liant plusieurs propositions au lieu de noms, mais pas de frontière nette), presque toutes issues de lexèmes par changement de ton et, uniquement si reliant des propositions, allongement vocalique;

-La plupart des lois statistiques recensées par Greenberg sont respectées.

Quelques caractéristiques grammaticales illustrées

Grammèmes de rôle

Ils s'adjoignent au nom endossant le rôle :

  • Agentif (i-) : igýyn "(la) fille" (agente)
  • Patientif (Ø) : gýyn "(la) fille" (patiente ou oblique)
  • Désagentif (ie-) : iegýyn (la) fille" (ni agente ni patiente, volonté indéterminée ou relative, souvent à qui l'on fait faire quelque chose ou réfléchissant le procès sur soi-même).


Igýyn vál gënkéi "la fille (agent) lit le topique".
Gýyn gír "la fille (patient) a froid/est froide/refroidie".
Iegýyn lín húun "la fille (désagent) plaît au garçon".

Thématisation

C'est ce dernier processus qui détermine l'ordre des actants, le thème se plaçant presque toujours en tête de proposition (prime actant) et la description (le "rhème" pour les intimes) suit, habituellement après le verbe/fonction, et contrairement au rôle, c'est à ce dernier que s'adjoignent les grammèmes d'arité, qui marquent le thème en y orientant le verbe/fonction :

Pèi kó "l'enfant est grand". (Thématisation du patient, encodée par l’arité par défaut de la fonction car prime actant).
Icér myí nàp "l’écureuil reconnait les noisettes". (Thématisation de l’agent, encodée par l’arité par défaut de la fonction car prime actant).
Nàp kimyí icér "les noisettes, l’écureuil les reconnait". (Thématisation du patient, encodée par le grammème "ki-" d’arité neutre focalisante patientative).
Yëheññáy zihenhambál läfuhuál "(c’est) avec son chat (qu’) il attendit le métro". (Thématisation du circonstant/déterminatif, ici dénotant l’accompagnement, encodée par le grammème "hen-" d’arité déterminative comitative).

Actanciels

Grammèmes marquant la personne, chacun se déclinant, par ablaut, selon le rôle, avec une distinction entre patient et oblique contrairement aux grammèmes de rôle adjoints aux noms/arguments. Autre particularité, la distinction morphologique de nombre, ce excepté aux 2ème et 3ème personnes cataphorique et logophorique, et inexistante ailleurs en olyen :

  • Agentif : voyelle -i
  • Patientif : voyelle -e
  • Désagentif : voyelle -ei
  • Oblique (toujours introduit par une arité périphérique/applicative) : voyelle -ë


Note : le "V" indique la voyelle

  • 1ère sg. : mV-
  • 2ème sg/pl. : tV-
  • 3ème anaphorique sg. : yV-
  • 3ème logophorique sg. : zV-
  • 3ème cataphorique/obviative sg. : fV-
  • 1ère pl. exclusive : myV-
  • 1ère pl. inclusive : mVdV- (même timbre vocalique)
  • 3ème anaphorique pl. : lyV-
  • 3ème logophorique pl. : zV-
  • 3ème cataphorique/obviative pl. : fV-


Mitefén "je te mange".
Timefén "tu me manges".
Yiteimebifén "il/elle te fait me manger, il te nourrit de moi" (on peut remarquer l'adjonction d'un grammème d'arité postive (bi-) à la fonction).
Teñáy "tu es un chat".
Tiyebiñáy "tu le transformes/en fais un chat".

Déterminatifs

Se comportant comme des grammèmes de valence/arité, les grammèmes déterminatifs peuvent tout aussi bien s'adjoindre aux arguments et dès lors introduire un autre argument déterminant le premier, équivalant à un génitif, un complément du nom ou à un épithète en français. Processus fondamental de l'olyen, la détermination lie des entités sans pour autant générer de procès (contrairement à un verbe/fonction) à forte spécialisation sémantique (là aussi contrairement au verbe/fonction), mais précise un lien abstrait et logique entre deux noms/arguments, et ce au moyen d'un large éventail de grammèmes, ici avec nás (idée de foyer, de logement, de résidence) et hún (idée de masculinité).

Honnás hún "maison d'homme, maison des hommes (commune)", relation vague et/ou non-spécifiée
Hennás hún "maison de l’homme, auprès/appartenant à l'homme, maisons des hommes (Henennás hún : idem, mais à chacun d’entre eux)" (tandis que "nás henhún" signifie une maison habitée par un/des homme(s), "dotée d'homme")"
Huannás hún "maison de l'homme, maison d'homme, maison masculine, en lien avec l’homme"
Kenás hún "maison à propos de, consistant en un homme, masculine"
Konás hún "maison composant l’homme (métaphoriquement, son esprit)"
Kunnás hún "maison contenant/abritant/hébergeant l’homme, pleine d’hommes"
Kinnás hún "la maison incluse dans les biens de l'homme", kinhún nás "l'homme dans la maison". Lorsque le partitif se rapporte à un actanciel, il y a idée d'une possession inaliénable, souvent anatomique ou spirituelle
Lanás hún "maison (bâtie à l'aide) d'homme(s)"
Nyanás hún "maison sans homme"
Gannás hún "maison destinée à l'homme"
Goennás hún "maison transmise par (léguée par/donnée par/héritée de) l'homme"
Gonnás hún "maison de l'homme, bâtie/conçue par l'homme" (dans cette dernière nuance, l'on pourrait dire "kangonnás hún")
Gennás hún "maison dont résulte l’homme, dont est issu (où est né et/ou a vécu durant sa jeunesse) l’homme"
Ñannás hún "maison malgré l'homme"
Ñonnás hún "maison hors de l'homme"
Çinnás hún "maison hommesque, masculine"
Çannás hún "maison différente / distincte de l’homme"
Dynnás hún "(une) maison par homme"
Lornás hún "maison contre/en échange de l'homme"
Vynás hún "maison de l'homme, vue/constatée par l'homme"
Vyynnás hún "maison jugée par l'homme"
Daannás hún "maison selon/conformément à l'homme"
Sainás hún "maison selon la volonté de l'homme, sur mesure pour/par l'homme"
Soenás hún "maison de l'homme, rêvée par l'homme, apparue dans un rêve"
Mainás hún "maison de l'homme, imaginée par l'homme"
Ñaunás hún "maison à la place de l'homme"
Caaynás hún "maison approuvée par l'homme"
Jennás hún "maison par rapport à l'homme, versus l'homme"
Joennás hún "maison égale à l'homme"
Nás hún / Nás-hún "la résidence de l’homme" ("nás" est ici initialement une fonction syntaxique convertie en argument, dont "hún" est le patient initial, donc constituant son arité primitive, d’où l’absence de déterminatif).

Causatifs perceptifs

Catégorie d'arités positives exprimant l'équivalent des propositions complétives au moyen de tournures causatives, consistant morphologiquement en des grammèmes d'arité dédiés permettant de distinguer le degré d'objectivité de l'agent ainsi ajouté au procès :

M(e)ivydéi bú "je vois l'arbre brûler" (= je constate que l'arbre brûle) ;
Miyevyynguéel "je le juge/trouve paresseux" ;
Tivyynhö kihýn ? "que penses-tu de ce livre ?".

Ces grammèmes sont fréquemment combinés avec ceux dits attitudinaux, précisant le type d'approche de l'actant, par exemple avec l'attitudinal "intellectif" (kan-) :

Mikamvydéi bú "je comprends que l'arbre brûle" ;
Miyekamvyynguéel "je déduis qu'il est paresseux" ;
Tikamvyynhö kihýn ? "que penses-tu / quelle est ton analyse de ce livre ?".

Ce à comparer avec des arités positives causatives au sens classique :

Milendéi bú "je laisse l'arbre brûler" ;
Miyebiguéel "je le rends paresseux" ;
Tigonhö kihýn ? "comment as-tu rendu (au sens causatif du terme) ce livre ?".

Liens


Notes

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