Latin

Un article de Ideopedia.

Le latin, comme son nom l'indique, est né dans la région du Latium ; issu de langues voisines comme l'osque, l'ombrien ou l'étrusque[1]. Le latin se développa pendant de longues années et survécut plusieurs siècles après la chute de l'empire romain. Considéré comme une langue morte parce qu'il n'y a plus que quelques moines retirés qui l'utilisent comme on parle le français, l'anglais ou le russe dans la conversation courante, le latin est encore utilisé comme puits lexical pour créer des mots scientifiques comme "nucléaire", entre autres.

Sommaire

Alphabet

L'alphabet latin classique fut composé de 23 lettres, auxquelles furent ajoutées, après coup, le J, le U et le W[2].

À l'origine, le C ([k]) et le G ([g] : sa version voisée) n'étaient qu'une seule et même lettre.

Différentes déclinaisons

Les noms latins sont divisés en cinq déclinaisons de deux fois[3] six flexions chacune.


Cas

Ces cas sont :

le nominatif
le vocatif (souvent confondu avec le nominatif, sauf pour les noms masculins de la 2me déclinaison).
l'accusatif
le génitif
le datif &
l'ablatif.

Quelques rares noms utilisent, comme inessif, le locatif (DOMI à la place de DOMO pour "à la maison")


On détermine une déclinaison à la terminaison du génitif singulier d'un nom.
En règle générale :


1re déclinaison

Ne concerne que des noms féminins[4].

F Nom./Voc. Acc. Gén. Dat. Abl.
Sing -A -AM -A
Plur -AS -ARVM -IS

2me déclinaison

Concerne des noms neutres & masculins[4]:

Neutre Nom./Voc./Acc. Gén. Dat./Abl.
Sing -VM -I -O
Plur -A -ORVM -IS


Masc. Nom. Voc. Acc. Gén. Dat./Abl.
Sing -VS, ER -E, -ER -VM, (E)RUM, -I, (E)RI -O (E)RO
Plur -((e)r)I -((e)r)OS -((e)r)ORVM -((e)r)IS

3me déclinaison

La plus variée puisqu'on trouve, au nominatif, aussi bien des formes "courantes" en -IS que des formes à plusieurs radicaux comme "OPVS/OPERIS", "DVX/DVCIS" ou "IVPITER/IOVIS". Le changement de radical s'opère dès l'accusatif : IOVEM

M/F Nom/Voc. Acc. Gén. Dat. Abl.
Sing -EM -IS -I -I, -E
Plur -ES -(I)VM -IBVS


Neutre Nom/Voc/Acc. Gén. Dat. Abl.
Sing -IS -I -E
Plur -(I)A -(I)VM -IBVS

4me déclinaison

On trouve les trois genres dans cette déclinaison

Neutre Nom./Voc./Acc. Gén. Dat. Abl.
Sing -V -VS -VI -V
Plur -VA -VVM -IBVS


M/F Nom./Voc. Acc. Gén. Dat. Abl.
Sing -VS -VM -VS -VI -V
Plur -VS -VVM -IBVS

Les terminaisons au singulier en -VS et en -VM pourraient faire confondre avec la deuxième déclinaison. Détail troublant, le nom DOMVS "hésite" entre ces deux déclinaisons :

Nom./Voc. Acc. Gén. Dat. Abl. Loc.
Sing DOMVS DOMVM DOMVS DOMVI DOMO DOMI
Plur DOMVS DOMOS DOMORVM DOMIBVS Ø

5me déclinaison

Seuls noms masculins de cette déclinaison, DIES (jour), & son dérivé : MERIDIES (Midi), tous les autres sont féminins. Pas de noms neutres.

F/M Nom./Voc. Acc. Gén. Dat. Abl.
Sing -ES -EM -EI -E
Plur -ES -ERVM -EBVS

Les déclinaisons latines ? un rébus ? Non...


Adjectifs qualificatifs

Les adjectifs qualificatifs sont traditionnellement divisés en deux classes, lesquelles reprennent respectivement les formes des deux premières déclinaisons (MAGNVM, -VS, -A/-I, -Æ) ou de la troisième (FORTE, -IS/-IS). Plus de détail dans cet article. Aucun adjectif ne comporte les terminaisons des 4me & 5me déclinaisons.

Déterminatifs

Les déterminatifs (démonstratifs, indéfinis, pronoms relatifs etc...) ont des déclinaisons particulières consultables dans cet article.

Conjugaisons

Le latin dispose de cinq groupes principaux, ainsi que de quelques verbes ayant une conjugaison vraiment à part.

Un verbe latin est représenté par quatre formes, qui le caractérisent : elles forment en quelque sorte, sa "carte d'identité".

Ces formes sont

  • La première personne du présent de l'indicatif[5]
  • La première personne du parfait de l'indicatif
  • Le participe parfait passif (appelé également supin)[6]
  • L'infinitif présent (voix active ou déponente)

Mis à part un certain nombre d'exceptions (pas si courantes que ça), la plupart des terminaisons de conjugaisons latines sont celles-ci :

V. Active Sing. Plur.
I -O/M[7] -MVS
II -S[8] -TIS
III -T -NT
V. Passive[9] Sing. Plur.
I -OR -MVR
II -RIS -MINI
III -TVR -NTVR

Ce sont surtout les flexions intermédiaires qui déterminent le groupe du verbe et la conjugaison du temps.

1re conjugaison

Représentée surtout par la lettre -A- comme lettre intermédiaire : AMAMVS, AMAVI, AMABAT, AMABIMVS... sauf au subjonctif présent où le -A- est remplacé par un -E- : AMEM, AMES, AMET...

Les deux premières conjugaisons partagent un futur en -B-, les terminaisons sont les mêmes :

-O (AMABO) -IS -IT -IMVS -ITIS -VNT.


2me conjugaison

L'inverse de la première : on remplace le A par un E et, au subjonctif, le E par un A.

Particularité : le E reste à la première personne du présent, contrairement à ce qui se passe pour la première conjugaison : DELEO (ind.) DELEAM (subj.).

Pour le présent du subjonctif, c'est simple : on prend l'imparfait de l'indicatif et on enlève le B.


Les trois conjugaisons suivantes

Assez proches, en réalité. Seule la 4me a un parfait en -VI et une conjugaison stable au niveau des radicaux. Les radicaux des 3me conjugaison et conjugaison mixte[10] sont assez instables comme par exemple FACIO FACIS FACERE FECI FACTVM.

Le futur de l'indicatif et le présent du subjonctif sont homonymes à la première personne (-AM à l'actif, -AR au passif ou déponent), paronymes ensuite (-E- pour le premier, -A- pour le deuxième).

Points communs

Les points communs des verbes réguliers, en plus d'un relative stabilité des terminaisons (-O/M, -S, -T etc.), les mêmes terminaisons dans les temps dérivés du parfait actif (du reste, on remarquera qu'à la première personne exceptée : -IM pour le premier, -O pour le deuxième), le futur antérieur de l'indicatif et le parfait du subjonctif sont parfaitement homonymes, y compris pour les verbes irréguliers.

On retrouve les mêmes particularités, pour les temps imperfectifs, à la voix passive (LEGATVR AVDIAR, CAPEREMINI...) Seuls les temps perfectifs de cette voix sont composés (Participe parfait + verbe ESSE conjugué).


Dernière remarque : Les formes étranges de l'imparfait français du subjonctif semblent d'avantage héritées du plus-que-parfait du même mode en latin : AMAVISSEMVS → (que) nous aimassions, que de l'imparfait : AMAREMVS.

Irrégularités renversantes

Par exemple, le verbe FERRE donne FERO FERS FERRE TVLI LATVM.


Plus de précisions & verbes hors groupe dans la page de Wikipédia.


Et le conditionnel ?

En latin, la notion de condition s'obtient avec les présent, imparfait et plus-que-parfait du subjonctif selon qu'on veuille y exprimer le souhait (présent) ou le regret (imparfait ou PQP).


Influence idéolinguistique

Assez considérable, du moins pour les langues a posteriori ayant adopté le groupe roman (comme l'interlingua) ou en ayant juste pris certains aspects (comme la conjugaison, en psolat). Les racines latines existent également dans des langues telles que l'espéranto, l'uropi, le sambahsa-mundialect ou bien l'aneuvien[11]. L'influence est encore bien plus grande si on ne se limite pas aux aspects lexical et grammatical, mais si on y inclut également l'écriture. Aux langues déjà citées, on peut y inclure également la quasi-totalité des langues présentes dans cette encyclopédie, parmi lesquelles l'elko, le ŧhub (partiellement), le volapük et le kotava.


Retours : Cas grammatical, Conjugaison, Accueil

  1. Notamment l'apport de l'alphabet, que les Étrusques avaient plus ou moins pompé aux Grecs, avec quelques adaptations.
  2. Eh oui ! le K était bien une lettre latine ! Quant au Y, il fut rajouté du temps de l'empire romain.
  3. En comptant le singulier & le pluriel.
  4. 4,0 4,1 Sauf exceptions, évidemment, comme ANIMA ou MALUS, notamment
  5. Forme située en tête, référence en cas de recherche dans un dictionnaire
  6. ...sauf pour les verbes déponents, évidemment !
  7. Par contre,
    le parfait de l'indicatif se termine en -(V)I
  8. Le parfait de l'indicatif se termine en -(V)ISTI
  9. ... & verbes déponants.
  10. Appelée ainsi parce que c'est, en quelque sorte un mélange de 3me conjugaison (radicaux "instables") et de 4me conjugaison (persistance du -I- à la première personne)
  11. Lequel s'est également inspiré de la grammaire, notamment pour le parfait d'un seul tenant, et le recours au subjonctif pour deux aspects de son conditionnel.