IDEO TTQ Grammaire du tcatcalaqwilizi

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petlaqqazli tcaetcalaqwilizi
grammaire du tcatcalaqwilizi


Remarque : Certains exemples ci-dessous sont notés avec des traits d'union. Le trait d'union n'existe pas en tcatcalaqwilizi ; il ne sert ici qu'à rendre les exemples plus clair afin de mieux en distinguer les différents termes, préfixes, infixes et suffixes.


Sommaire

Genre

Les mots désignant des êtres animés (humains ou animaux) possèdent trois genres : épicène, masculin et féminin. Le nom générique est toujours épicène. Le masculin et le féminin se marquent avec un digramme vocalique sur la deuxième voyelle du mot (non compris un éventuel a euphonique, voir § pluriel) par l’adjonction d’un a au masculin et d’un e au féminin.

Trois cas se présentent :

  • 1. Syllabe ouverte (CV) : le genre s’ajoute après la voyelle (CVa/CVe).

maze (humain) --> mazea (homme) --> mazee [madzeː] (femme)

  • 2. Syllabe fermée (CVC) avec voyelle n’étant pas a au masculin ou e au féminin, le genre suit la coda (CVCa/CVCe).

pilin (enfant) --> pilina (garçon, fils) --> piline (fille)

  • 3. Syllabe fermée avec V = a devenant masculin ou V = e devenant féminin, la voyelle se double et subit donc un allongement.

qnatam (mouton) --> qnataam [ktanaːm] (bélier) et non *qnatama mais --> qnatame (brebis) règle n°2

mlatencin (docteur) --> mlateencin [mlatɛːnʃin] (doctoresse) et non *mlatenecin mais --> mlatenacin (docteur) règle n°2


Exception : si le mot épicène est monosyllabique, la voyelle générique est ajoutée en finale. Si le mot finit par une voyelle, il y a insertion d’un hh euphonique.

leql [lɛkl] époux --> leqla [lekla] époux, mari --> leqle [lekle] épouse, femme


Certains mots ont des genres irréguliers. C’est le cas notamment du nominalisateur naqan mais aussi de quelques noms d’usage courant.

tatliq, parent --> tatlaq, père --> tetleq, mère

telpi, frère ou sœur --> telpa, frère --> telpe, sœur


Les mots désignant des objets (inanimés) sont considérés comme neutres et subissent les marqueurs épicènes.


Article et démonstratifs

Le tcatcalaqwilizi ne connaît pas d’article indéfini.

L’article défini hhun [jun] est invariable (le genre et le nombre sont marqués sur le substantif). Il n’est jamais obligatoire, sauf si le contexte n’est pas suffisamment clair. Il se suffixe au nom ou au dernier terme du groupe nominal.

mazeahhun [madzeajun] l’homme

mmazeehhun [mjadzeːjun] les femmes


On trouve plus fréquemment l’adjectif démonstratif qui prend 4 formes :

  • hhan [jan] – démonstratif proche
  • hhen [jɛn] – démonstratif lointain
  • hhin [jin] – démonstratif indiquant la hauteur ou la supériorité
  • hhon [jɔn] – démonstratif indiquant le bas ou l’infériorité

mazeahhan [madzeajan] cet homme-ci, l’homme ici

mazeahhen [madzeajɛn] cet homme-là, l’homme là-bas

mazeahhin [madzeajin] cet homme en haut, cet homme (honorifique)

mazeahhon [madzeajɔn] cet homme en bas, cet homme (inférieur, dépréciatif)


Si le mot précédent le démonstratif finit par une consonne, le démonstratif perd son hh initial et la consonne finale est doublée

agammin [agamjin] cette maison là-haut

qnataamman [knataːmjan] ce bélier-ci

mmalateencinnun [mjalatɛːnʃinjun] les doctoresses


Si le mot précédent finit par –C1C2, l’article (ou le démonstratif) perd son hh initial, la C2 chute et la C1 est doublée.

tamatciqahhotl, taille, dimension --> tamatciqahhottun, la taille


Le pronom démonstratif se forme comme suit : nominalisateur naqan + finale adjectif démonstratif. Ex : naqanan (pronom démonstratif proche masculin singulier)

Naqan porte les marques des genre (naqun, naqan, naqen – la notation du genre est irrégulière puisqu’elle ne fait pas appel à un digramme vocalique), nombre (nnaqan) et cas (naaqan, etc).

Pronoms démonstratifs
épicene sg masculin sg feminine sg epicene pl masculin pl feminine pl
naqanan

(proche)

naqunan

ceci

naqanan

celui(-ci)

naqenan

celle(-ci)

nnaqunan

ceux(-ci)

nnaqanan

ceux(-ci)

nnaqenan

celles(-ci)

naqanen

(lointain)

naqunen

cela

naqanen

celui(-là)

naqenen

celle(-là)

nnaqunen

ceux(-là)

nnaqanen

ceux(-là)

nnaqenen

celles(-là)

naqanin

(en haut)

naqunin

ceci

naqanin

celui

naqenin

celle

nnaqunin

ceux

nnaqanin

ceux

nnaqenin

celles

naqanon

(en bas)

naqunon

ceci

naqanon

celui

naqenon

celle

nnaqunon

ceux

nnaqanon

ceux

nnaqenon

celles

En agglutination dans une forme verbale, naqanan perd son n final devant un pronom débutant par une consonne.


Affixes de localisation

Dérivés des démonstratifs, les affixes de localisations se suffixent au nom ou verbe pour apporter une précision quant à leur localisation. Ils fonctionnent deux à deux ; il s’agit donc toujours d’une localisation existant par paire (gauche/droite par exemple).

Les affixes sont hhatl, hhetl, hhitl et hhotl. Ils sont régis par les mêmes règles d’euphonie que les démonstratifs.

Le nom suffixé par un affixe de localisation n’est jamais suivi de l’article ou du démonstratif. Il est de facto défini puisqu’il est un élément d’une paire elle-même définie.

Les localisations associées sont :

  • hhatl : proche, gauche, ouest, bâbord, décroissant.
  • hhetl : lointain, droite, est, tribord, croissant.
  • hhitl : haut, supérieur, nord, endroit, face, dessus, aîné, amont, avant.
  • hhotl : bas, inférieur, sud, envers, pile, dessous, cadet, aval, arrière.

Les démonstratifs hhin et hhon peuvent véhiculer des notions de supériorité ou d’infériorité (sociale, morale, intellectuelle, etc.) Ce n’est jamais le cas des affixes hhitl et hhotl qui ne sont que des marqueurs de localisation.

Œil : octotli --> octotlihhatl, œil gauche / octotlihhetl, œil droit

Main : milin --> milinnatl, main gauche / milinnetl, main droite

Lèvre : calatl --> calattitl, lèvre supérieure / calattotl, lèvre inférieure

Lune : mezil --> mezillatl, lune décroissante / mezilletl, lune croissante

Frère : telpa --> telpahhitl, frère aîné / telpahhotl, frère cadet*

(*)Cette distinction ne s’applique que dans une fratrie comprenant deux éléments. Pour un nombre supérieur, on emploie la forme ordinaire frère+ordinal : telpa coqlian (frère aîné, litt. premier frère), telpa omoatqin (deuxième frère), etc. Cependant, la langue parlée utilise plus volontiers le nominalisateur naqan suivi de l’ordinal non marqué en genre : naqacoqlin (frère aîné, litt. le premier), naqanomotqin (deuxième frère), etc.

L’affixe de localisation s’applique également au verbe, notamment de mouvement. Il se suffixe à la forme conjuguée et précède le personnel.

Tourner : epaqt --> epaqatwa-hhatl-a-tla, je tournerai à gauche

Aller, venir : hwitl --> hwitluq-qotl-uta, il ne descend pas (litt. il ne va pas + bas)


Pluriels

Pluriel générique

Le pluriel se marque par le redoublement (mouillure) de la première consonne qui ne soit pas en coda. Il concerne les noms, les adjectifs, les formes verbales ; le pluriel des personnels est irrégulier.


maze (être, humain, homme, personne) --> mmaze [mjadze] (êtres, gens)

agam (maison) --> aggam [agjam] (maisons)

izqi (chien) --> izqqi [idzkji] (chiens)


Les mots composés uniquement d’une voyelle et d’une coda forment leur pluriel par redoublement complet. Au nominatif seulement, le redoublement s’accompagne d’un allongement vocalique par adjonction d’un h sur la seconde syllabe.

ap (arbre) --> apahp [apaːp] (arbres) mais aipap (vers les arbres, Obl.)


Les mots commençant par CC ou VCC marquent leur pluriel sur la première consonne avec insertion d’un a euphonique avant la seconde.

tcatcala (pain) --> ttacatcala [tjaʃatʃala] (pains)


Pluriels avec numéraux et quantificateurs

Les mots indiquant un pluriel (numéraux et quantificateurs) sont suivis d’un classificateur ; l’ensemble se préfixe au nom. Le pluriel du nom par redoublement est alors omis (mais pas sur le qualificatif s’il s’agit d’un groupe nominal). La marque casuelle est indiquée sur le nom, régulièrement.


Entre un numéral et un classificateur, on intercale le multiplicateur (p)w(a). Les chiffres 2 (ome), 3 (ehhi) et 4 (naqwi) ont une forme irrégulière qui est respectivement om, hhe et qi.


hhepwanaqamazea, trois hommes (hhe, numéral / pwa, multiplicateur / naqa, classificateur des êtres humains adultes / mazea, homme)

amtcinaqamaze, tous les êtres (amtci, tout, la totalité / Cl. / maze, être)


Quatre cas particuliers se présentent :

  • 1. L’indicateur de pluriel finit par une voyelle ; si le classificateur débute aussi par une voyelle, le pluriel perd sa finale.

ilpazocemactli, une poignée de graines (ilpaz(a), poignée / ocem, classificateur des grains / actli, graine)

  • 2. L’indicateur pluriel plurisyllabique finit par une consonne qu’il perd s’il précède un classificateur débutant par une consonne.

zazacotcatcala, quelques pains (zazan, quelques, plusieurs / co, cl. aliments avec levure / tcatcala, pain)

  • 3. L’indicateur pluriel monosyllabique finit par une consonne et le classificateur débute par une consonne, une voyelle euphonique est intercalée (u devant un nom épicène, a pour un masculin, e pour un féminin).

nzinunaqamaze, une foule (nzin, infinité, quantité indénombrable / u, voyelle épicène / naqa, cl. êtres humains / maze, humain)

  • 4. L’indicateur pluriel finit par V+h qui note un allongement vocalique. Si le classificateur débute par une voyelle, le pluriel perd son allongement et sa vocalisation (chute de V+h) et il y a redoublement de la voyelle initiale du mot suivant. Si le nom débute par une consonne, pas de modification du pluriel ni d’insertion.

cencaazuqagam [ʃɛnʃaːdzukagam] beaucoup de maisons (cenc(ah), beaucoup / a, redoublement vocalique / azuq, cl. habitations individuelles / agam, maison)

mais cencahnaqamaze [ʃɛnʃaːnakamadze] beaucoup de monde (avec conservation de l’allongement vocalique)


Le classificateur peut être utilisé seul pour les chiffres 1 et 2 uniquement.

Pour le chiffre 1, on emploie sa forme simple ; pour le chiffre 2, une forme alternative dérivée du redoublement ou du pluriel (valant un pluriel duel). Tous les autres quantificateurs sont suivis du classificateur simple.

L’utilisation du numéral et du classificateur (pour les numéraux 1 et 2) produit une insistance sur la quantité (pour en indiquer la petitesse ou le rapport avec un plus grand nombre) ; elle est également plus littéraire.

Les classificateurs sont donc toujours indiqués avec leurs deux formes :

Cl êtres humains adultes : naqa(t) / nnanaq(a)

Un homme : cepwanaqamaze ou naqamaze

Deux hommes : omwanaqamaze ou nnanaqamaze


Classificateurs

Utilisation

Dans certaines structures (notamment lorsqu’ils sont préfixés d’un numéral ou d’un quantificateur), les noms sont précédés d’un classificateur qui en précise la nature. Ceci concerne tous les noms quels qu’ils soient (êtres humains, animaux, objets, notions intellectuelles, temporelles ou locatives).

Plusieurs classificateurs peuvent parfois convenir pour un même nom ; dans ce cas, c’est celui qui rend le mieux l’idée de la phrase qui est utilisé.

S’il suit un numéral, le classificateur est préfixé par le multiplicateur pwa.


Les classificateurs sont donc toujours indiqués avec deux formes (une forme générique, une forme duelle).

Ex. cl. des êtres humains adultes : naqa(t) / nnanaq(a)

Liste thématique des classificateurs disponible ici.


Génitif non casuel avec classificateur

Dans certains cas, le génitif n’est pas marqué par un cas et se construit par agglutination de la façon suivante : objet + Cl. possesseur + possesseur.

Il s’agit toujours d’expressions figées dont l’un des termes au moins est un être vivant ou l'une de ses parties (la main, par exemple).

Le nom ainsi formé devient autonome et marque cas, pluriel et genre éventuel sur ses deux premières syllabes. Il peut être préfixé par un quantificateur et donc un autre classificateur qui sera celui de l’objet.

L’agglutination provoque souvent des modifications euphoniques.

tatlanaqatlaq, grand-père paternel – litt. le père (tatla(q)) du père ((ta)tlaq)

tatlanaqetleq, grand-père maternel – litt. le père de la mère ((te)tleq)

militalpaneqanwalit, idiotisme désignant un sommeil profond – litt. la main (mili(n)) du (cl. notions d’inexistence non quantifiable : talpa(ne)) silence (neqanwalit)


Le même procédé associé à une ellipse est utilisé pour les gentilés.

Le mot est formé ainsi : maze (être humain) + oqqelte (cl. surfaces administratives ou politiques + nom du pays ; mais l’usage a supprimé le premier terme.

Palenzi, France --> oqqapalenzi, un Français (un habitant, un être de France).

Le terme est épicène sans marqueur ; les genres et le pluriel sont réguliers.

oqqaapalenzi, un Français

oqqaepalenzi, une Française


Préfixe diminutif

Le préfixe pill- (dérivé de pilin, enfant) est employé comme diminutif affectueux après les noms propres et dans beaucoup de formes courantes pour désigner les membres d’une famille. Il peut théoriquement s’accoler à tous les noms d’êtres vivants auxquels on souhaite donner une connotation familière. À ce titre, il sert également à former les noms des petits des animaux.

  • Pill- en est la forme épicène, la plus généralement employée. Cependant, avec un nom propre, on utilise la forme masculine pall- ou féminine pell-.
  • Suivi d’un nom commençant par CV, le préfixe devient pi- et la consonne initiale est doublée.
  • Suivi d’un nom commençant par CC, le préfixe devient pi-.

Hhan, Jean --> Pahhan, Petit Jean, Jeannot

Anah, Anne --> Pellanah, Annette

telpa, frère --> pattelpa, frérot

telpe, sœur --> pettelpe, sœurette

izqi, chien --> pillizqi, chiot

nozmih, chat --> pinnozmih, chaton


Adjectifs

Les adjectifs qualificatifs suivent le nom. Ils prennent toujours la marque casuelle. Ils notent également le genre et le nombre ; cependant, s’il y a plusieurs qualificatifs, seuls le dernier les indiquent.

L’article ou le démonstratif se suffixe au dernier terme du groupe nominal.


agam huqaupan, une grande maison (huqapan, grand)

aogam huoqaupanlae, dans ma grande maison (avec o, marque du locatif)

mazea huqaapannin, le grand homme (avec démonstratif de supériorité)

aggam huqapan ittauqqen, ces grandes maisons blanches-là (itaq = blanc)

mmazee huqapan qqalneeqahho, des grandes et jolies femmes

aogam mmaezee hueqapan qqaelneeqahho, dans la maison des grandes et jolies femmes (avec e, marque du génitif)


Intensificateurs

L’adjectif peut être préfixé par l’intensificateur qqi(p) (très) ou sa forme dérivée qqawi(p) (extrêmement). Les adjectifs débutant par un h le perde au profit de la forme avec coda consonantique de l’intensificateur.

qalneqahho (beau) --> qqiqalneqahho (très beau) --> qqawiqalneqahho (extrêmement beau, magnifique)

huqapan (grand) --> qqipuqapan (très grand) --> qqawipuqapan (immense)


Pluriel, genre et nombre se marquent régulièrement sur l’adjectif.

aoggam qqipuoqaupannan (dans les grandes maisons)


Pour exprimer une idée de démesure, on emploi communément l’expression « 100 x », où le chiffre 100 (maqqitwamqatuq) est réduit à sa forme courte maqquq et suivi du multiplicateur (p)w(a), soit maqquqw(a).

maqquqwahuqapan (démesurément grand)


  • L’intensificateur se préfixe parfois à des adverbes temporels.

alwah, hier --> qqipalwah, avant-hier --> qqawipalwah, avant avant-hier

ozomotl, demain --> qqipozomotl, après-demain --> qqawipozomotl, après après-demain

atalqun*, avant, auparavant --> qqipatalqun, longtemps avant

(*)Équivalent de notre « il était une fois », les contes en tcatcalaqwilizi débutent par le traditionnel maqquqwatalqun (litt. 100 x auparavant).

Comparatifs de supériorité et d'infériorité

La structure comparative se forme comme suit : adjectifs contraires / sujet + (ou –) / objet - (ou +). Les adjectifs contraires sont reliés entre eux par le nominalisateur (n)uqu(n) ; le couple adjectival devient un nom (ex : grand+nominalisateur+petit = taille). Le nom ainsi formé reste au nominatif. Sujet et objet, au génitif, se préfixent aux démonstratifs de supériorité ou d’infériorité sous la forme de –(c)in et –(qt)on.

Huqapanuqutepteq tlaecin etaqton. Je suis plus grand que lui (litt. Taille de moi plus, de lui moins). Autre traduction possible : je suis d’une taille supérieure à la sienne.

Huqapanuqutepteq maezeehhanin naeqenenon. Cette femme-ci est plus grande que celle-là.


L’ordre du couple adjectival influe aussi sur le sens.

Huqapanuqutepteq tlaecin etaqton. Je suis plus grand que lui. (emphase sur ma grandeur) Tepteququhukapan tlaecin etaqton. Je suis plus grand que lui. (emphase sur sa petitesse)


En inversant les deux termes au génitif, on obtient un comparatif d’infériorité. Cependant, les tournures sujet +/objet – seront préférées.


Les intensificateurs qqi(p), qqawi(p) et maqquqw(a) peuvent être associé au comparatif de supériorité.

Huqapanuqutepteq tlaecin tcaeqton. Je suis plus grand que toi --> Huqapanuqutepteq qqitlaecin tcaeqton. Je suis beaucoup plus grand que toi, je suis vraiment plus grand que toi (litt. Taille de moi très plus, de toi moins).


Comparatif d'égalité

Il se construit également avec le couple adjectival suivi des deux objets au génitif liés par l’égalisateur (u)nqwo(q). Il n’y a agglutination que dans le cas de deux pronoms.

Huqapanuqutepteq tlaenqwotcae. Je suis aussi grand/petit que toi, je suis de la même taille que toi (litt. Taille de moi = de toi).

mais Huqapanuqutepteq maezeehhan unqwoq naeqenenon. Cette femme-ci est aussi grande/petite que celle-là, cette femme-ci est de la même taille que celle-là.


Superlatif

La construction est similaire. L’objet auquel est comparé le sujet (au génitif) est à l’ablatif. Il n’y a pas d’agglutination.

Huqapanuqutepteq tlaecin mmauze. Je suis le plus grand des hommes (litt. Taille de moi plus, parmi les hommes).


Adverbe

Il se forme en ajoutant à l’adjectif à l’ablatif (fonction instrumentale) le suffixe –matl (de matlal : moyen, manière, façon). Les adjectifs finissant par VC forment un adverbe en VCCatl. Ceux finissant en C1C2 ont un adverbe en C1aC2atl.

zopeqli, doux --> zoupeqlimatl, doucement

huqapan, grand --> huuqapannatl, grandement

heqetl, facile --> heuqetalatl, facilement


Verbe adjectival d'état

Le tcatcalaqwilizi n’utilise pas la fonction d’adjectif attribut ; il exprime cette notion par un verbe adjectival construit de la façon suivante : verbe neutre qqitl + adjectif + sujet. L’adjectif ainsi verbalisé marque le genre (le nombre est indiqué sur le verbe qqitl).

Entre l’adjectif et le personnel suffixé, les règles d’euphonie sont celles de l’euphonie verbale (cf § euphonie).

Qqihuqaapanla. Je suis grand (verbe qqitl présent 1s + adj masc + sujet).

Qqinuhuqaepan mmazeehhan. Ces femmes sont grandes.


  • Les formes verbales de qqitl finissant par –V la perde devant un adjectif commençant par une voyelle. Pour les formes en –VV, la voyelle initiale de l’adjectif est doublée.

Qqetqaahunla. Je suis vieux (qq(i) / etqaahun, vieux masc. / (t)la, 1 ms)

Qqeetqaehunce. Tu es vieille (qq(ii) / (e)etqaehun, vieille fém. / (t)ce, 2 fs)

  • Les formes verbales de qqitl finissant par –C la perde devant un adjectif commençant par une consonne.

Qwotepteeqle. Je ne suis pas petite (qwo(c) / adj fém. / (t)le, 1 fs)


Le verbe adjectival peut être préfixé par un intensificateur.

Qinuqqitepteuq agammon. Cette maison est très petite


Verbe adjectival de transformation

La notion de transformation est exprimée par la préfixation du verbe mli (devenir, se transformer, changer), conjugaison type 3. L’adjectif marque le genre.

Entre l’adjectif et le personnel suffixé, les règles d’euphonie sont celles de l’euphonie verbale (cf § euphonie).

Mlihuqaapanla. Je grandis (mli présent 1s + adj masc + sujet)

  • Les formes verbales de mli finissant par –V la perde devant un adjectif commençant par une voyelle. Pour les formes en –VV, la voyelle initiale de l’adjectif est doublée.

Mletqaahunla. Je vieillis (ml(i) / etqaahun, vieux masc. / (t)la, 1 ms)

Mleetqaehunce. Tu vieillis (ml(ii) / (e)etqaehun, vieille fém. / (t)ce, 2 fs)

  • Les formes verbales de mli finissant par –C la perde devant un adjectif commençant par une consonne. La consonne initiale de l’adjectif est doublée.

Mluttepteequte. Elle rapetisse (mlu(n) / adj fém. / (ute, 3 fs)


Le même système peut être utilisé avec forme causative mlelti (faire changer, transformer), conjugaison type 2. L’adjectif s’accorde en genre avec l’objet subissant l’action.

Mlimwahuqaepanatetla. Je la ferai grandir (mlimwa, faire changer 1s futur / huqapan, grand / ate, 3ms Acc / tla, 1ms Nom)

Nominalisation

L’adjectif peut être préfixé par le nominalisateur naqan (épicène : naqun, masc : naqan, fém : naqen). La nominalisation de l’adjectif demande un classificateur pour en préciser le sens (sauf pour les êtres humains adultes à cause de la similitude avec le classificateur naqa(t)).

Suivi par une consonne, le nominalisateur perd son –n final ; s’il est suivi par un h, celui-ci disparaît et la finale –n devient –nn.

Pluriel, nombre et genre sont marqués sur le nominalisateur.


naqannuqapan, un homme de grande taille, un grand

nnaqeqqipuqapan, des géantes (nominalisateur fém pl / intensificateur / adjectif)

naqunazuhuqapan, une habitation de grande taille (nominalisateur / azu : Cl. habitations individuelles / adjectif)


Si l’adjectif nominalisé est préfixé par un pluriel numéral ou quantificateur, la classificateur le suit et est omis après le nominalisateur.

zazanazunaqunnuqapan, quelques habitations de grande taille (zazan, quelques / azu, Cl. / naqunn, nominalisateur épicène / (h)uqapan, adjectif)


Pour les êtres humains adultes, le pluriel se préfixe sans classificateur (mais avec le multiplicateur pour les numéraux). Le classificateur duel nnanaq(a) ne peut pas être utilisé seul dans ce cas.

omwanaqannuqapan, deux hommes de grande taille, deux grands.


Il faut faire la distinction de sens entre nom+adjectif et adjectif nominalisé. Si mazea huqapan et naqannuqapan peuvent tous les deux se traduire par un grand homme, le premier indique qu’il s’agit d’un homme et que celui-ci est grand (l’adjectif précise le nom) tandis que le second met l’accent sur la taille au détriment de l’individu. Naqannuqapan peut aussi se traduire par quelqu’un de grand, un grand individu, un grand.


Adjectif participe (ttoqletlaqqazli)

Le verbe possède une forme équivalant au participe utilisé comme adjectif : racine + voyelle générique + suffixe ttoql(i). Le nombre se note régulièrement sur la racine ; la marque casuelle suit la voyelle générique.

tca (faire – racine : tc) -->

tcuttoql (fait), ttacuttoql (faits) épicène sg et pl

tcattoql (fait), ttacattoql (faits) masculin sg et pl

tcettoql (faite), ttacettoql (faites) féminin sg et pl

Ex : qwatil tcuttoql, une action (qui est) faite, réalisée.


L’adjectif en –ttoql a la particularité de pouvoir marquer un temps : présent (par défaut), passé (qqitl préfixé : qla) ou futur (qqitl préfixé : qwi). Les formes négatives existent également (passé : qu, présent : qwo(c), futur : qa).

qwatil qlatcuttoql, une action (qui a été) faite.

qwatil qwitcuttoql, une action (qui sera) faite.

qwatil qwotcuttoql, une action (qui n’est) pas faite.


L’adjectif participe, comme les autres adjectifs, peut être nominalisé et ce, à tous les temps. Il nécessite alors un classificateur (hormis naqa(t) qui est omis). La voyelle euphonique du participe est toujours celle qui suit la racine du verbe. Pluriel, genre et nombre sont notés sur le nominalisateur.

naquzaqawatlitcattoql, ce qui est fait, une chose faite (naqu, nominalisateur épicène, zaqawatli, cl. actions indéfinies / tca, faire / ttoql, suffixe participe).

naquniltiqlaqwatlittoqlihhan, ce qui a été mangé, l’aliment qui a été mangé (naqun, nominalisateur épicène / ilti, cl. aliments / qla, passé / qwatli, manger / ttoqli, suffixe participe / hhan, démonstratif).

nnaiqaqwimictattoql, pour ceux qui seront tués (nnaiqa, nominalisateur masc datif / qwi, futur / micta, tuer / ttoql, participe)


Déclinaisons

Généralités

La déclinaison se forme par bivocalisation de la première voyelle du mot.

Il existe six cas :

1. nominatif (cas par défaut, non marqué)

2. accusatif

3. génitif

4. oblique (datif, attributif, locatif de mouvement)

5. locatif (statique, temporel)

6. ablatif


nominatif a e i o u
accusatif (a) aa [aː] ea ia oa ua
génitif (e) ae ee [eː] ie oe ue
oblique (i) ai ei ii [iː] oi ui
locatif (o) ao eo io oo [oː] uo
ablatif (u) au eu iu ou uu [uː]


maze (Nom) homme

--> maeze (Gén) [maedze] de l’homme

--> mmaize (pl + Obl) [mjaidze] aux hommes


Dans le cas d’un pluriel avec insertion d’un a euphonique, c’est la voyelle du singulier qui porte la déclinaison.

tcatcala (Nom) pain --> ttacaatcala (pl + Acc) [tjacaːtʃala] pains


Dans le cas de pluriel par redoublement, seule la première voyelle marque le cas.

apahp (pl + Nom) arbres --> aopap (pl + Loc) sur/dans les arbres


Applications

A COMPLETER


Personnels

Tableau des personnels

Personnels (nominatif)
nombre personne épicènes masculins féminins
sg 1 - tla tle
sg 2 - tca tce
sg 3 ut uta ute
pl 1 ttal ttala ttale
pl 2 ttaci ttaca ttace
pl 3 utu utta utte

Les personnels épicènes pluriels sont utilisés pour désigner des groupes comprenant des hommes et des femmes. Ut et utu désignent les mots neutres (objets, lieu, etc).


Personnels avec suffixe démonstratif

À tous les personnels peut être suffixé le démonstratif hhin ou hhon pour indiquer la supériorité (politesse) ou son inverse (dépréciation).

tcehhin [tʃejin] tu, vous (de politesse) au féminin

uttin [utjin] il (de politesse) + règle d’euphonie du démonstratif

utuhhon [utujɔn] ils, eux (condescendant) épicène. Le démonstratif d’infériorité est généralement associé au personnel épicène ; le fait de ne pas préciser le sexe des personnes en accentue l’aspect dépréciatif.


Pronoms personnels

La première utilisation est le pronom personnel (au nominatif) suffixé au verbe.

qwatli, manger --> qwatlitla, je mange


Adjectifs possessifs

Le personnel au génitif a fonction d’adjectif possessif. Il est suffixé au substantif ou au dernier terme du groupe nominal. L’accord en genre et nombre se fait avec le possesseur.

izqi-tlae, mon chien


  • Si le nom finit par –VC et que le personnel commence par CC, la consonne initiale disparaît.

agam-lae, ma maison

  • Si le nom finit par –VCC et que le personne commence par CC, il y a insertion vocalique (u pour un personnel épicène, a pour un masculin, e pour un féminin).

elahhetl-u-ttel, notre souhait

  • Si le nom finit par –V et le personnel commence par V, il y a insertion d’un hh euphonique.

telpa-hh-eta, son frère


Personnels avec préfixe numéral

Un nombre peut préfixer un personnel pour en décompter les éléments. On intercale alors le multiplicateur (p)w(a).

Les chiffres 2 (ome), 3 (ehhi) et 4 (naqwi) ont un préfixe irrégulier qui est respectivement om, hhe et qi.

L’association quantificateur + personnel ne nécessite aucun classificateur si le personnel désigne un être humain adulte, sauf pour insister sur la nature adulte du sujet ou dans le cas d’utilisation du classificateur duel. Cependant, le classificateur est requis pour tout autre groupe.

Ex sans classificateur :

omwattaci, vous deux ou nnanaqattaci

Qipwutu, eux quatre

Ex avec classificateur :

Qqawatlunomwuqlamoqutu oammatitluq. Eux deux (en parlant de chiens) mangent des os (qqawatlun, manger présent 3p / om, deux / w, multiplicateur / uqlamoq, Cl animaux à poils carnivores / utu, personnel 3p épicène // oammatitluq, os pl. Acc.).

L’utilisation du classificateur duel est également possible (--> qqawatlunuqqamqutu avec aqqamq(a), Cl duel).


Ces constructions peuvent être déclinées (le pronom marque le cas ; dans ce cas, il n’y a pas d’agglutination verbale même pour un complément d’objet) ou être utilisées comme sujet pronominal suffixé au verbe (insertion éventuelle d’un hh euphonique entre deux voyelles).

Qqawatlii-hhomwattaci. [kjawatliːjomwatjaʃi] vous mangez tous deux


Personnels avec préfixe numéral unitaire (ce)

Précédé du numéral ce (1), le pronom singulier traduit l’isolement du sujet. Ce procédé s’applique par extension à tous les pronoms et pas seulement à la première personne (vous seuls, elles seules, etc).

Tca-naaqunan-cepwatla. (faire présent 1s / démonstratif épicène Acc / sujet) moi seul fais ceci, moi seul le fais.


Avec le classificateur, on nuance le sens : tca-naaqunan-ce-pwa-naqa-tla (ou tca-naaqunan-naqa-tla avec classificateur seul), moi seul le fais (en temps qu’adulte), je suis le seul adulte à le faire.


Par analogie avec le nominalisateur naqan, le classificateur peut (dans ce cas seul), marquer le genre.

Tca-naaqunan-ce-pwa-naqaa-tla. je suis le seul homme (adulte + masc) à faire cela.


Déclinaisons des personnels

nb pers. genre Nom. Acc. Gén. Obl. Loc. Abl.
sg 1 masc tla tlaa* tlae* tlai* tlao* tlau*
sg 1 fém tle tlea* tlee* tlei* tleo* tleu*
sg 2 masc tca tcaa tcae tcai tcao tcau
sg 2 fém tce tcea tcee tcei tceo tceu
sg 3 épi ut at et it ot uut
sg 3 masc uta ata eta ita ota uuta
sg 3 fém ute ate ete ite ote uute
pl 1 épi ttal ttaal ttel ttil ttol ttul
pl 1 masc ttala ttaala ttela ttila ttola ttula
pl 1 fém ttale ttaale ttele ttile ttole ttule
pl 2 épi ttaci ttaaci tteci ttici ttoci ttuci
pl 2 masc ttaca ttaaca tteca ttica ttoca ttuca
pl 2 fém ttace ttaace ttece ttice ttoce ttuce
pl 3 épi utu atu etu itu otu uutu
pl 3 masc utta atta etta itta otta uutta
pl 3 fém utte atte ette itte otte uutte


Les personnels de la première personne du singulier aux cas autres que le nominatif sont souvent réduits à une forme unique (notamment à l’oral) sans différenciation du masculin et féminin.

Tlaa et tlae --> tlaa [tlaː]

Tlae et tlee --> tlee [tleː]

Tlai et tlei --> tlii [tliː]

Tlao et tleo --> tloo [tloː]

Tlau et tleu --> tluu [tluː]


Système verbal (utaqpatupetlaqqazli)

Généralités

L’ordre de la phrase est VSC.


Ne possédant pas d’infinitif, le verbe est présenté à la première personne du présent (soit généralement racine+V, sauf verbes de mouvement). Le verbe neutre qqitl fait exception et est toujours présenté sous cette forme.

Les verbes sont divisés en 5 types selon leur structure :

1. finissant par CV : maqa (donner) – racine : maq

2. finissant par C1C2V : qwatli (manger) – racine : qwatl

3. monosyllabique de type Ci(C)V : tca (faire) – racine : tc

4. verbes de mouvement finissant par VC1C2 : hwitl (aller) – racine : hwitl

5. Verbe neutre irrégulier : qqitl – racine : qq ou q


Chaque verbe est conjugué selon son type sur trois temps (passé, présent, futur), six personnes et deux formes (positive et négative) qui sont indiquées sur la terminaison qui suit la racine, toujours fixe (sauf permutations consonantiques).


Le sujet, s’il s’agit d’un pronom personnel, est suffixé au verbe.

qwatl-i-tla, je mange (qwatl, racine du verbe manger/ i, terminaison présent 1s type 2/ tla, personnel 1ms)

qqawatl-uqatuq-utu, ils ne mangeront pas (qqwatl, racine pl. / uqatuq, terminaison futur 3p nég. / utu, personnel 3ép)


Infixation des compléments d'objet

Il existe un polysynthétisme verbal, limité aux pronoms et démonstratifs objets directs ou indirects, qui se forme comme suit :

V + COD pronominal ou démonstratif (Acc) + COI pronominal (Obl) + S (Nom)

qwatli-naaquna-tla, je mange ceci (naaqun, démonstratif épicène Acc)


At et naaqunan désignent tous deux un accusatif désignant un inanimé. Le choix dépendra de la nuance que l’on souhaite apporter.

maqa-hhat-cai-tla, je te le donne (emphase sur le fait de donner)

maqa-naaquna-tcai-tla, je te donne ceci (emphase sur l’objet donné)


Euphonie

  • Les personnels commençant par une voyelle sont précédés d’un hh [j] euphonique s’ils suivent une forme verbale ou un personnel finissant par une voyelle.

maqa-hhitu-tla, je leur donne

  • Les formes à la troisième personne perdent leur finale en -u si elles sont suivies du personnel sujet.

maqan-uta, il donne

  • S'il suit une forme verbale ou un personnel objet finissant par –VC, le personnel commençant par CC perd son initiale.

iqcal-la, j’ai parlé [ikʃalja]

  • Les formes finissant par –VCC insèrent entre elles et un pronom commençant par une consonne, une voyelle euphonique (u, a ou e selon le genre du sujet).

hwitl-a-tla, j’allais


Possession

La possession (avoir) s’exprime avec le pronom personnel ou le groupe nominal au génitif (accordé avec le possesseur) précédant l’objet possédé au nominatif.

Tlae uqlamoqizqi. J’ai un chien (tlae, 1 ms Gén. / uqlamoq, Cl. animaux à poils carnivores / izqi, chien).

Maezea eetqaahunnen zazanazuqagam. Ce vieil homme a plusieurs maisons (maezea, homme Gén. // eetqaanhun, vieux masc. Gén. / (n)en, dém. // zazan, plusieurs / azuq, Cl. habitations individuelles / agam, maison)


Le possesseur peut être précédé de la forme préfixe du verbe neutre qqitl pour marquer le temps et/ou la négation (qla, passé / qwi, futur / qu, passé nég. / qwo(c), présent nég. / qa, futur nég.)

Qwipielin iltamali. L’enfant aura un ballon (qwi, qqitl futur / pielin, enfant Gén. // iltamali, ballon)

Quete izqi. Elle n’avait pas de chien (qu, qqitl passé nég. / ete, 3 fs Gén. // izqi, chien)


Conjugaisons

Les différentes conjugaisons sont disponibles ici.


Causatifs et résultatifs

Beaucoup de verbes possèdent deux formes, l’une causative, l’autre résultative. La tournure causative s’exprime par un infixe causatif qui suit la racine du verbe selon son type :

type résultatif résultatif infixe causatif type causatif
1 (-CV) maq-a

donner

-elt- maq-elt-a

se voir attribuer

2 (-C1C2V)
2 (-C1C2V) qwatl-i

manger

-ett- qwatl-ett-i

faire manger, nourrir

2 (-C1C2V)
3 monosyllabique

Ci(C)V

ml-i

devenir, se transformer

-elt- ml-elt-i

faire changer, transformer

2 (-C1C2V)
4 (-VC1C2) qwezetl

tomber

-et-

+ finale –i

qwezetl-et-i

faire tomber

1 (-CV)
5 qqitl - - -


Impératif

Il se construisait à l’origine avec le verbe nahwaltetti, ordonner, suivi d’un second verbe. Sans doute par souci de concision, la tournure s’est considérablement simplifié pour devenir nahw+suffixe supériorité (in) ou infériorité (on), suivi du verbe.

Nahwin est employé lorsqu’il s’agit d’un ordre, la personne qui parle est en situation de supériorité. Nahwon est utilisé pour une demande, la personne qui parle est en situation de demandeuse.


Nahwin qmeetlaatca ! (qme, aider – litt. ordre tu m’aides) aide-moi ! (c’est un ordre)

Nahwon qmeetlaatca* !, aide-moi ! (il s’agit davantage d’une supplique)


La formule est souvent abrégée (notamment à l’oral) avec ellipse de nahw et des pronoms sujet et objet.

Nahwin qmeetlaatca --> inqmee !, aide(-moi) !

Nahwin qwatliitca --> inqwatlii !, mange !


(*) L’évolution de cette phrase a d’ailleurs donné Nahqwon ! [naːkwɔn] qui signifie Au secours ! à l’aide !


Présentatif (noc)

Le présentatif est utilisé pour isoler un terme dont une particularité va être décrite.

Il est un peu l’équivalent de nos deux points « : » ou du démonstratif « ceci », mais est généralement traduit par le verbe être et un groupe nominal attribut (pour rappel, l’adjectif attribut a pour équivalent le verbe adjectival).

Sa construction est la suivante : sujet Nom + suffixe présentatif (n)oc / prédicat Nom. (attribut)

Tlanoc mazea olzoatolti. je suis un homme heureux (litt. moi : un homme heureux)

Mazeehhanoc mlateencin aqpaelli. cette femme est une bonne doctoresse (litt. cette femme (est) ceci : une bonne doctoresse)


Au passé et au futur, la forme préfixe invariable du verbe neutre qqitl est préfixée au sujet (passé : qla, futur : qwi).

Qlatlanoc mazea olzoatolti. j’étais un homme heureux (litt. passé moi : …)

Qwinumazeehhanoc mlateencin aqpaelli. cette femme sera une bonne doctoresse (litt. futur cette femme ceci …)


Le présentatif suit le démonstratif pour traduire « c’est » ou « ce sont ». Cette structure concerne toujours un inanimé. Pour les êtres vivants (humains ou animaux), on préférera la construction précédente.

Hhanoc agam. C’est une maison (litt. ceci : une maison)

Hhenoc apahp. Ce sont des arbres (litt. cela : des arbres)

mais Utanoc mlatenacin. C’est un médecin ou il est médecin.

Utoc izqi. C’est un chien.

Substantif présentatif et verbe modal

Le tcatcalaqwilizi n’accepte pas la succession de deux verbes comme c’est le cas en français. Il utilise pour ce faire un substantif suffixé par le présentatif (nom+noc / V).

Le présentatif est utilisé également pour les constructions comportant un verbe principal et secondaire (V principal + suffixe présentatif / V secondaire). Il concerne souvent les verbes modaux (vouloir, pouvoir, falloir, devoir, savoir) suivi en français d’un infinitif.


Les principaux verbes modaux traduits par le présentatif sont :

Vouloir : volonté = neqwi

Vouloir : souhait, désir = elahhetl

Pourvoir, savoir : capacité = opuqma

Pouvoir : autorisation : qamihwatli

Devoir, falloir : nécessité : qwallih


Opuqmanoc tcanaaqunetla. (opuqma, capacité / noc, présentatif // tca, faire présent 1s / naaqune(n), dém. Acc. / tla, 1ms) je peux faire cela, j’ai la capacité de faire cela (litt. capacité : je fais cela).

Qamihwatlinoc tcanaaqunetla. (qamihwatli, autorisation / noc, présentatif // tca, faire présent 1s / naaqune, dém. Acc. / tla, 1ms) je peux faire cela, j’ai l’autorisation de faire cela (litt. autorisation : je fais cela).


Si la personne en relation avec le nom est différente de celle du verbe, le présentatif est précédé d’un possessif.

Neqwitlaenoc tcaanaaqunetca. (neqwi, volonté / tlae, personnel 1ms Gén. / noc, présentatif // tcaa, faire présent 2s / naaqune, dém. Acc. / tca, 2ms) je veux que tu fasses cela (litt. ma volonté : tu fais cela).


La notion modale (ou le verbe principal) peut être située dans le passé ou le futur avec le préfixe invariable du verbe qqitl (passé : qla / futur : qwi).

Quel que soit le temps du nom marqué par le présentatif, le temps employé pour le verbe dépend de la simultanéité (présent), de l’antériorité (passé) ou de la postériorité (futur) avec le premier.

Qlaneqwitlaenoc tcaanaaqunetca. (présentatif au passé / verbe au présent) je voulais que tu fasses cela, que tu le fasses au moment où je le voulais (litt. passé ma volonté : tu fais cela).

Qlaneqwitlaenoc tcatwaanaaqunetca. (présentatif au passé / verbe au futur) je voulais que tu fasses cela, que tu le fasses ensuite (litt. passé ma volonté : tu feras cela).


S’il y a une négation, elle porte automatiquement sur la forme verbale.

Neqwinoc tcumanaaqunetla. (présentatif / faire, présent nég. 1s) je ne veux pas faire cela (litt. volonté : je ne fais pas cela).


Discours direct et indirect

Le présentatif est également utilisé pour ouvrir un discours rapporté.

Le suffixe suit alors un verbe d’énonciation (dire, parler, etc.) ou son complément d’objet. Le style de discours est toujours direct.


Iqculnutlaihhutanoc qqitcimtciqwitla. (iqculnu, dire passé 3s / tlai, 1ms Obl. / hh, euphonie / uta, 3ms / noc, présentatif // qqi, verbe neutre présent 1s / tcimtciqwi, fatigué / tla, 1ms) il m’a dit « je suis fatigué », il m’a dit qu’il était fatigué.

Iqcun mazea leiqlehhetanoc qqitcimtciqwitla. (iqcun, dire présent 3s // mazea, homme Nom.) // leiqle, femme Obl. / hh, euphonique / eta, 3ms Obl. / noc, présentatif) l’homme dit à sa femme « je suis fatigué », l’homme dit à sa femme qu’il est fatigué.


Interrogatifs et subordonnants

La phrase interrogative simple se forme par l’adjonction du suffixe interrogatif –tti.

Qwezeetlatcatti ? es-tu tombé ? (qwezeetl, tomber passé 2s / a, euphonie / tca, 2ms / tti, suffixe interrogatif)


« Oui » et « non » n’existant pas en tcatcalaqwilizi, la réponse à une interrogation se fait par l’utilisation du verbe neutre qqitl selon la personne, le temps et le mode (affirmation ou négation).

Question : Qwezeetlatcatti ? Es-tu tombé ?

Réponse : Qla. Oui (je suis tombé) / Qu. Non (je ne suis pas tombé)


Les interrogatifs et les subordonnants ont une forme commune ; leur signification se différencie par leur position dans la phrase. Les interrogatifs suivent toujours la forme verbale. Ils précèdent donc éventuellement le sujet si celui-ci est un nom ou un groupe nominal. Les subordonnants en revanche précèdent toujours la forme verbale.

Hwitalwaatca ice ? Quand viendras/iras-tu ? (hwitalwaa, aller/venir futur 2s / tca, 2 ms // ice, quand int.)

Hwitluu ice mazeahhan ? Quand cet homme est-il venu ? (hwitluu, venir passé 3s // ice, quand int. // mazea, homme / hhan, démonstratif)

Ice hwitalwaatca hhawitalwattal ooqnahhen. Quand tu viendras, nous irons dans cet endroit. (ice, quand sub. // hwitalwaa, venir futur 2s / tca, 2ms // hhawitalwa, aller futur 2p / ttal, 2mp // ooqna, endroit Obl. / hhen, démonstratif lointain.

(*) Le verbe hwitl signifie se déplacer, aller, venir. La distinction se fait selon le contexte ou les marques casuelles (Obl., Loc. ou Abl.)


Les différents interrogatifs/subordonnants sont :

  • Ucan :
  • Ice : quand
  • Taq : que, quoi (subordonnant : tuq / taq / teq)
  • Uqe : qui (subordonnant : uqu / uqa / uqe)
  • Pacti : comment
  • Qwen : combien
  • Iqwan : pourquoi


  • Taq et uqe marquent le genre lorsqu’ils sont subordonnants.
  • Les interrogatifs/subordonnants peuvent être déclinés : ucan, --> uucan [uːʃan] (Abl.), d’où --> uican (Obl.), vers où.

Hwitlocutan uucan ? D’où vient-il ? (hwitloc, venir présent 3s / uta, 3ms)

Proposition relative

La relative est indiquée par la voyelle casuelle préfixée sur le verbe de la proposition. Le verbe se place toujours immédiatement après le nom qu’il précise. Tous les autres éléments de la relative (y compris les indications temporelles ou locatives habituellement placées avant le verbe) sont donc rejetés après le verbe.

Le relatif « qui » induit un verbe au nominatif, donc sans marqueur apparent. Cependant, le verbe est reconnaissable car il n’est jamais suffixé par un personnel ou suivi d’un nom sujet au nominatif (puisque le sujet du verbe est le nom qu’il définit).

Les autres relatifs sont indiqués par une marque casuelle et un sujet.

Matitla maazea hwitluu ahhala. Je connais l’homme qui est venu hier. (mati, connaître présent 1s / tla, 1ms // maazea, homme Nom. // hwiatluu, venir passé 3s Acc. // ahhala, hier)

Mazea atumaqlanoc mlatenacin. L’homme que j’ai vu est médecin. (mazea, homme // a, Acc. / tumaq, voir passé 1s / (t)la, 1 ms / noc, présentatif // mlatenacin, médecin masc.)


Le tcatcalaqwilizi tend à ne pas séparer les éléments d’une même proposition. Si, par exemple, le sujet de la principale est doté d’une relative, l’usage veut qu’il soit rejeté en fin de phrase. Ainsi, tous les éléments de chaque proposition (principale et relative) restent groupés.

Zoqwulnu aagam huaqaupan mazea hwitluu ahhala. L’homme qui est venu hier a acheté une grande maison. (zoqwulnu, acheter passé 3s / aagam, maison Acc. / huaqaupan, grand Acc. épicène / mazea, homme Nom. / hwitluu, venir passé 3s Nom. / ahhala, hier)


Principaux relatifs et incidence verbale :

  • qui --> nominatif = ø (pas de sujet)
  • que --> accusatif = a
  • dont --> génitif = e
  • où --> locatif = o (statique)
  • où, vers où --> oblique = i (mouvement)
  • d'où --> ablatif = u
  • avec quoi, avec lequel --> ablatif = u (instrumental)
  • avec qui, avec lequel --> ablatif = u (instrumental)
  • pour qui, pour lequel --> oblique = i (attributif)
  • vers qui, à qui, vers lequel --> oblique = i (attributif)


Antonymes verbaux

Les antonymes verbaux sont des quantitatifs temporels qui précisent le déroulement de l’action. Ils possèdent deux sens opposés selon qu’ils sont associés avec un verbe à la forme positive ou négative. Ils se placent devant le verbe.

positif négatif antonymes
toujours, tout le temps jamais acah
encore, toujours plus qelotl
déjà pas encore mazli
souvent rarement qitca
le plus souvent quelquefois, parfois nahwi


Qitca qwatlitla manacotcaatcala. (qitca, souvent // qwatitla, manger présent 1s + 1ms // mana(m), partitif / co, Cl. aliments avec levure / tcaatcala, pain Acc.) je mange souvent du pain.

Qitca qwatlumatla manacotcaatcala. (qitca, rarement // qwatlumatla, manger présent 1s nég. + 1ms) je mange rarement du pain, je ne mange que rarement du pain.


Les interrogatifs étant toujours placés après le verbe, les antonymes verbaux prennent cette place en cas de phrase interrogative.

Qitca qwatliitca manacotcaatcala. Tu manges souvent du pain

Qwatliitca qitca manacotcaatcala. Manges-tu souvent du pain ?

Numéraux et ordinaux

Une liste complète des cardinaux de 0 à 100 est disponible ici.

Cardinaux

La numérotation est vigésimale (base 20).

L’ensemble des nombres se forme par multiplication (avec le multiplicateur (p)w(a)) et addition ((hh)u(q), et, coordination) des chiffres de base que sont 1, 2, 3, 4 et 5 pour les unités auxquelles s’ajoutent 10, 15, 20 et ses multiples.

Les chiffres 2 (ome), 3 (ehhi) et 4 (naqwi) ont des formes préfixées irrégulières, respectivement om, hhe et qi toujours suivies du multiplicateur. 5 (maqqitl) est abrégé en maqqit devant le multiplicateur.

nzaqtonoc-uq-ehhi, 13 (nzaqtonoc, 10 / uq, et / ehhi, 3 = 10+3)

om-w-amqatuq-u-qamqitli, 55 (om, 2 / w, multiplicateur / amqatuq, 20 / u, et / qamqitli, 15 = (2x20)+15)

Multiples de 20 ayant une dénomination :

400 = ontliqin

8 000 = ciqwipilli

160 000 = mahwalticitl

3 200 000 = zaqnocotlim


Écrites toutes lettres, les différentes parties d’un nombre sont agglutinées ; un espace est inséré avant chaque multiplication de 20 ou multiples, y compris si le chiffre marque un pluriel avec classificateur.

qipwontliqin uqamqitlihhuhhepwamqatuquqamqitlihhuce, 1976 = 4 (qi) x (pw) 400 (ontliqin) / + (u) 15 (qamqitli) + (hhu) 3 (hhe) x (pw) 20 (amqatuq) + (u) 15 (qamqitli) + (hhu) + 1 (ce)

omwontliqin uqamqatuqunzaqtonocazuqagam, 830 maisons (2 (om) x (w) 400 (ontliqin) / + (uq) 20 (amqatuq) + (u) 10 (nzaqtonoc) azuq (Cl.) agam (maison))


Ordinaux

L’ordinal se forme par l’adjonction du suffixe –n (après un chiffre finissant par une consonne, il y a insertion de la voyelle u, a ou e selon le genre). En temps qu’adjectif, il suit le nom (dernier terme du groupe nominal avant le possessif ou le démonstratif).

maqqitazuqagam, cinq maisons (maqqit, 5 / azuq, Cl. / agam, maison)

agam maqqitlun*, la cinquième maison


Les quatre premiers chiffres ont un ordinal irrégulier (ancienne forme avec le suffixe participe ttoqli).

Ce, un --> coqlin, premier

Ome, deux --> omotqin, deuxième

Ehhi, trois --> ettoqlin, troisième

Naqwi, quatre --> natqin, quatrième


L’ordinal est par défaut épicène, mais en temps qu’adjectif, il est susceptible de marquer le masculin, le féminin ou le pluriel ainsi que les déclinaisons.

Iqcalla maizea oimoatqin. J’ai parlé au deuxième homme (iqca, parler passé 1s / (t)la, 1 ms // maizea, homme masc. Obl. / oimoatqin, deuxième masc. Obl.)

(*)Le genre n’est pas indiqué sur la deuxième syllabe des ordinaux insérant une voyelle générique, celle-ci suffisant à le marquer.

Liens

Page du tcatcalaqwilizi et liste thématique des classificateurs.

Dictionnaire de tcatcalaqwilizi.

Lal Behi : page personnelle - Lal Behi, idéolinguiste.

Idéopédia : le wiki en français des idéolinguistes.

Atelier Philologique : le forum en français des idéolinguistes (langues construites, artistiques, auxiliaires, systèmes de communication, diégèses).