IDEO RYH Grammaire

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ƥa rhy ry ɛɩf ry tamoƫ
Grammaire du ry, la langue du Souffle

Sommaire

Substantifs (pluriel et genre)

Le substantif ne possède pas de finale ou de particularité le différenciant des autres mots, à part sa possibilité de marquer un pluriel. Le pluriel se note par l'adjonction d'un u. Ex : băda (maison) → bădau (maisons).

1) De nombreux pluriels sont légèrement irréguliers par souci euphonique (palae (tour) → palehu), et certains ont la particularité d'opérer une permutation consonantique (ɛmit (homme) → tɛmu).

2) Seul le substantif du groupe nominal supporte le pluriel, sauf quand celui-ci est induit par un autre mot (deux, plusieurs, quelques, etc).

3) Les finales longues (V+ɩ) perdent leur allongement (V+u).

4) Les mots finissant par ɛ+C ont un pluriel en e+C+u. Ex : balbɛlbalbelu.

5) Il existe un pluriel duel en (ɛ)ð. Ex : ʧaɩ (la main) → ʧaɩð (les [deux] mains).

Il n'y a pas de genre en ry. Toutefois, si l'on souhaite différencier le genre d'un substantif, on ajoute le préfixe masculin ɛ ou féminin ʤă. Ex : ʤil (un chat, en général), ɛʤil (un chat mâle), ʤăʤil (une chatte) ; ŧakãŋ (un écrivain en général), ɛŧakãŋ (un homme écrivain), ʤăŧakãŋ (une femme écrivain). Cependant, ce préfixe reste très rare car omis si le contexte suffit à la compréhension.


Adjectifs

Qualificatifs et intensificateurs

L'adjectif qualificatif est invariable en genre et en nombre. Il suit le nom, sauf dans le cas d'adjectif pluri syllabiques précédant un substantif monosyllabique (relié par la particule génitive ɛf si nécessaire pour éviter la confusion entre plusieurs groupes nominaux). Ex : băda yɩ (une/la grande maison), яtɽa(ɛf) ʧaɩ (une/la petite main), xelɛg(ɛf) ŧaɩ yɩ (un/le grand chien noir [noir/chien/grand]).

1) Il existe 3 intensificateurs (ta, sa et fa, par ordre d'intensité) qui se préfixent à l'adjectif. Ex : tayɩ (très grand), sayɩ (extrêmement grand), fayɩ (immensément, démesurément grand).

2) L'intensification peut aussi être notée par un redoublement (avec ou sans intensificateur). Ex : яtɽa (petit) → яtɽaяtɽa (minuscule), dɽu (bon) → tadɽutadɽu (excellent, exceptionnel).


Possessifs

L'adjectif possessif est invariable en genre et en nombre. On le note par le pronom personnel postposé et accolé au nom. ex : bădaɛɩ (ma maison), bădauhy (tes maisons) Il suit immédiatement le nom et précède un éventuel adjectif. Ex : bădaɛɩ yɩ (ma grande maison)


Articles

Il n'y a pas d'article défini ou indéfini.

1) Si l'on veut préciser qu'il s'agit d'un indéfini, on emploie le pronom indéfini/collectif tewi. Ex : băda tewi (une maison, n'importe quelle maison).

2) Pour l'article défini, on emploie, si nécessaire, le démonstratif (invariable) le. Ex : băda le (cette maison, la maison). On peut apporter plus de précision avec le démonstratif proche leʤɛ (ex : băda leʤɛ, cette maison-ci, la maison ici) ou lointain leƥu (ex : băda leƥu, cette maison-là, la maison là-bas).

3) Le démonstratif et le pronom indéfini/collectif suivent immédiatement le nom et précèdent un éventuel adjectif qualificatif. Ex : băda le yɩ (cette grande maison).


Organisation de la phrase et indicateurs temporels

La phrase s'organise toujours sur un schéma identique : indicateur temporel + sujet + objet + verbe.

Chaque proposition (principale ou subordonnée) débute toujours par un indicateur temporel. Le ry étant extrêmement contextuel, l'indicateur temporel et le sujet peuvent être en ellipse s'ils sont identiques à ceux de la proposition précédente ou si le contexte est suffisamment explicite. L'indication temporelle du présent, notamment, est très souvent omise.

L'indicateur temporel peut prendre 3 formes :

1) le pronom temporel : il s'agit d'une forme du pronom personnel supportant le temps du verbe (passé, présent, futur ou narratif). Ex : ƙɛm aƥ wɛnme (je-passé / pain / manger = j'ai mangé du pain).

2) particule temporelle + nom sujet : si le sujet n'est pas un pronom personnel, l'indicateur temporel est indiqué par une particule suivie du sujet. Ex : neh xɛmtu aƥ wɛnme (particule-présent / oiseaux / pain / manger = les oiseaux mangent du pain).

3) adverbe temporel + sujet : si l'indication temporelle est indiquée par un adverbe ou une proposition de temps, la particule est omise ; le pronom personnel est alors utilisé dans sa forme simple. Ex : duh ɛʤ aƥ wɛnme (demain / je / pain / manger = demain, je mangerai du pain).


Pronoms

Pronoms personnels et possessifs

Le ry comporte 17 pronoms personnels qui, en plus de leur usage classique (c'est-à-dire en accompagnement d'un indicateur temporel), sont utilisés pour indiquer l'adjectif possessif (suffixés au nom et, si nécessaire à la prononciation, précédés d’un ə devant ʃ et x) et le pronom complément (placés juste avant le verbe). Les formes entre parenthèses sont utilisées quand le pronom précède un mot commençant par une voyelle.

nombre personne genre pronom
singulier 1 masculin ɛɩ (ɛʤ)
- - féminin ʤae
- 2 masculin hy
- - féminin
- 3 masculin øʃ
- - féminin ɛƫ
- - animé ʃ
- - inanimé x
pluriel 1 ɛʔ (ɛk)
- 2 hyʣu
- 3 masculin ɛʃø
- - féminin ƫau
- - animé ʃau
- - inanimé xu
autres honorifique ŋoe
- indéfini/collectif tewi
- impersonnel ix

La 3è personne animée s'utilise notamment pour les animaux. Elle peut aussi être employée de façon poétique ou métaphysique pour souligner le caractère vivant d'un mot normalement marqué par l'inanimé (soleil, plante, etc.)

Au pluriel, l'animé sert à noter le "ils" français pour un groupe de personnes comprenant des hommes et des femmes.


Pronoms temporels et verbes

Le temps (passé, présent, futur/conditionnel et narratif) est marqué sur le pronom personnel et forme ainsi un pronom temporel fusionnant l'indication de la personne et le temps du verbe. Le verbe, quant à lui, est toujours invariable.

La particule temporelle utilisée de façon indépendante est neh au présent, maɩ au passé, aɩr au futur/conditionnel et wɛ̆ au narratif.

Le tableau suivant indique pour chaque personne le pronom temporel correspondant.

nombre personne genre présent passé futur narratif
singulier 1 masculin nəhu ƙɛm raɩʃ wɛɩ
- - féminin neʤahe ʤaɛm ʤaɩr ʤawe
- 2 masculin neh məhaɩ ryaɩ hyɛɩ
- - féminin nɛh jam ăraɩ ăwe
- 3 masculin nəʃɛh meʃa aɩrʃ ʃɛ̌
- - féminin nɛƫ muƫa rɛƫaɩ tɛ̌
- - animé ʃɛn ɛmʃa ɛrʃaɩ sɛ̌
- - inanimé xɛn ɛmxa ɛxaɩ xɛ̌
pluriel 1 nekahe ɛmƙa rɛ̌ka kɛɩ
- 2 neʣu ʣam ʣaɩr ʣyɛɩ
- 3 masculin nɛʃø meʃau arsu ʃɛhu
- - féminin nɛƫau muƫau rɛƫau ƫɛhu
- - animé ʃewɛn ɛmʃau ɛrʃau sɛhu
- - inanimé xewɛn ɛmxau xau xɛhu
autres honorifique ɛŋahe ŋaɛm reŋaɩ ejaŋe
- indéfini/collectif netehu tam arwat utjei
- impersonnel xøn xam xaɩ

Ex : (neh) xemtu semɛð (particule temporelle facultative / oiseaux / voler = les oiseaux volent), ɛmʃau semɛð (pronom temporel / voler = ils volaient), duh ɛʤ oʤaƫɛl sɛm (indication temporelle / pronom personnel / forêt / dans, vers / aller = demain, j'irai dans la forêt).

La particule temporelle peut être redoublée pour différencier, par exemple, un futur proche d’un futur lointain. Ex : xaɩ ƥaƫ aƭɛ aɩr aɩr labu ʦajek (quand il pleuvra/aura plu, les fleurs pousseront).

Dans un sens assertif, on utilise - pour la 3e personne - le pronom temporel indéfini/collectif suivi du nom au singulier. Ex : netehu muxă semɛð (l'oiseau vole, les oiseaux volent [d'une manière générale]), netehu semɛð (ils volent). Pour les autres personnes, netehu est suivi du pronom personnel. Ex : netehu ɛʤ aʃtaela ƭuɛk (pronom assertif / pronom personnel / pomme / aimer = j'aime les pommes).

Dans un sens constatif, on accole au verbe la particule constative sa. Ex : (neh) xemtu semɛðsa (les oiseaux volent [je le constate]), ʃewɛn semɛðsa (ils volent).


Pronoms attributifs et particule attributive eni

Le pronom attributif est un amalgame du pronom personnel et de la particule attributive eni.

nombre personne genre pronom
singulier 1 masculin eni, ɛʤeni
- - féminin ʤăni
- 2 masculin hjeni
- - féminin jani
- 3 masculin øʃni
- - féminin ƫeni
- - animé ʃeni
- - inanimé xeni
pluriel 1 ɛkeni
- 2 hyʣini
- 3 masculin ɛʃni
- - féminin ƫani
- - animé ʃaweni
- - inanimé xueni
autres honorifique ŋoni
- indéfini/collectif teweni

La particule attributive, amalgamée ou non au pronom personnel sous la forme du pronom attributif, est d'un emploi varié.

1) Elle marque la possession (cf paragraphe Possession).

2) Dans son rôle attributif, elle se place juste après l'indication temporelle et précède au besoin le sujet. Ex : nəhu hyeni rõŋ ŧamat (je-présent / à toi / argent / donner = je te donne de l'argent), tɽøma hyeni ɛɩ rõŋ ŧamat (hier / à toi / je / argent / donner = hier, je t'ai donné de l'argent).

3) Elle traduit aussi le pronom réfléchi. Dans se cas, elle se place au plus près du verbe. Ex : neh ƭaʒ ʃɛrɛƫ lăpa (présent / mère / enfant+possessif / laver = la mère lave son enfant), (nəʃɛh) ʧaɩð øʃni lăpa (présent / mains / réfléchi / laver = il se lave les mains).

4) Pour traduire "chez", on utilise aussi la particule attributive eni suivie de r (statique) ou l (mouvement). Ex : (nəhu) enir ŏd (je suis chez moi), raɩʃ hyenil sɛm (j'irai chez toi), ƙɛm ƭaʔɛɩ enir (j'étais chez mon père).

5) On l'utilise pour indiquer l'âge. Ex : (neh) øʃni ŋe fy (temporel / attributif / an / 7 = il a sept ans).


Possession

Elle s'exprime avec la particule attributive eni placée après le possesseur (la particule temporelle est toujours omise au présent ou quand une indication temporelle est présente). Ex : eni ŧaɩ / ɛʤeni ŧaɩ (à moi / chien = j'ai un chien), maɩ ɛʤeni ŧaɩ (passé / à moi / chien = j'avais/j'ai eu un chien), măweni ɛʤeni ŧaɩ (autrefois / à moi / chien = autrefois, j'avais un chien), băda le eni ƙaʧe yɩ (maison / démonstratif / attributif / porte / grand = cette maison a une grande porte).

Forme interrogative avec la particule a. Ex : ahyeni ŧaɩ (interrogatif / à toi / chien = as-tu un chien ?).

Quand aucun indicateur temporel n'existe à l'affirmatif , l'interrogation est notée par al, forme longue de la particule interrogative. Ex : al bădahy eni ƙaʧe yɩ (interrogatif / maison / ta / attributif / porte / grand = ta maison a-t-elle une grande porte ?)


Verbes 'être' essentiel et existentiel

Verbe 'être' essentiel

Le verbe "être" essentiel note une identité entre les deux éléments qu'il lie. En ry, il n'existe pas. La phrase se construit de la manière suivante : pronom temporel + attribut (+ Ø). Ex : nəhu yɩ (je-présent / grand = je suis grand), neh băda yɩ (présent / maison / grand = la maison est grande).

neh băda yɩ peut signifier "la maison est grande" ou "c'est une grande maison". Pour lever l'ambiguïté, on peut utiliser le démonstratif le ; ex : neh le băda yɩ (cela/c'est une grande maison).

Dans tous les cas, la particule temporelle peut être omise si la compréhension le permet. Ex : băda yɩ (la maison est grande, c'est une grande maison), le băda yɩ (c'est une grande maison), băda le yɩ (cette maison est grande).


Verbe 'ŏd' existentiel

Il traduit le verbe être existentiel (être, se trouver dans un endroit) et l'existence d'une manière générale ("il y a" - dans ce cas, la particule temporelle est toujours omise au présent ou quand une indication temporelle est présente).

Ex : nəhu bădar ŏd (je-présent / maison / dans / être = je suis dans la maison), rhuʤau yɩ oʤaƫ lɛr ŏd (arbres / grand / forêt / démonstratif+dans / être = il y a de grands arbres dans cette forêt), măweni xoŧaɩ ãŋwe oʤaƫɛr ŏd (autrefois / loup / beaucoup / forêt+dans / être = autrefois, il y avait beaucoup de loups dans la forêt).

Forme interrogative : particule a préfixée. Ex : aneh bădar ŏd (es-tu dans la maison ?), amăweni xoŧaɩ ãŋwe ŏd (autrefois, y avait-il beaucoup de loups ?).

Quand aucun indicateur temporel n'existe à l'affirmatif ("il y a"), l'interrogation est notée par ax, contraction de la particule a et du pronom impersonnel ix. Ex : ax rhuʤau yɩ oʤaƫ lɛr ŏd (y a-t-il de grands arbres dans cette forêt ?)


Impératif

Il se forme par l'adjonction au verbe de la particule impérative suffixe . Ex : sɛmaɩ (va ! allez ! allons !). S'il est nécessaire de préciser la personne, on remplace par le pronom personnel correspondant. Ex : sɛmɛɩ (que j'aille !), sɛmhy (va !), sɛmhyʣu (allez !), sɛmɛʔ (allons !).

Pour traduire l’impératif exhortatif (va ! allons ! allez ! et toutes les autres personnes) sans notion de mouvement réel, on emploie le pronom personnel suivi de . Ex : hyaɩ, hyʣuaɩ, ɛkaɩ, ŋoexaɩ.


Connecteur verbal

Le connecteur verbal (e)w(e) est utilisé pour relier deux verbes entre eux. Les deux verbes et la particule s’agglutinent. Ex : (nəhu) tɛkmewegɛb (je-présent / comprendre / connecteur / commencer = je commence à comprendre), (nəhu) məhaɩ ɛɩ gɛbewejaɩh (je-présent / tu-présent / moi / comprendre / connecteur / savoir = je sais que tu m'as compris), (ƙɛm) bădaɛɩ utɽawatu (je-passé / maison+possessif / construire / connecteur / finir = j'ai fini de construire ma maison).


Interrogation et négation

Interrogation

Elle se forme en plaçant la particule interrogative préfixe (a)l avant le pronom ou la particule temporelle. Ex : aryaɩ aʃtaela wɛnme (interrogation + pronom temporel / pomme / manger = mangeras-tu une pomme ?), aneh băda yɩ (interrogation + particule temporelle / maison / grand = la maison est-elle grande ?).

Pour répondre par l'affirmative à une question, on utilise le pronom temporel correspondant. Ex : aryaɩ aʃtaela wɛnme (mangeras-tu une pomme ?) – raɩʃ (oui [j'en mangerai]), aneh băda yɩ (la maison est-elle grande ?) - xɛn (oui [elle l'est]).

Les autres termes interrogatifs se placent de façon générale juste avant le verbe. Ex : ɛɩ ny ă sɛm (qui vient avec moi ?), maɩ ƥasɛ as pehɛɩ (quand le printemps arrivera-t-il ?), ƥu ă ŏd (qui est là ?).


Négation

Elle se forme par l'adjonction et l’agglutination de la négation ʦ(e) devant le pronom, la particule temporelle ou tout autre mot débutant la phrase. Ex : ʦenəhu aʃtaela ƭuek (je n'aime pas les pommes), ʦaʃtaela ƭuɛk ([je] n’aime pas les pommes), ʦewɛnmeaɩ (ne mange pas !), aʦeryaɩ wɛnme (ne mangeras-tu pas ?), ʦetɽøma ƥaƫ (hier, il n’a pas plu), ʦjani waʒa ([je] ne te crois pas).

Dans le cas de deux verbes liés par le connecteur verbal ewe, la négation en début de phrase s’applique au verbe principal, c’est-à-dire le second. Ex : ʦemuƫa wɛnmewaza (elle n’a pas voulu manger). Si la négation s’applique au verbe secondaire, elle s’agglutine à celui-ci. Ex : (nəhu) ʦesemɛʤewelal (je pense ne pas venir). Si aucun mot ne sert de support à la négation appliquée au verbe principal, elle se place juste avant celui-ci en respectant les règles d’agglutination. Ex : wɛnmewe ʦaza ([elle] ne veut pas manger).

ʦ(e) peut être remplacé par tout terme indiquant la négation. Ex : neheɩ neh enil semɛʤ (jamais / pronom temporel / chez moi / venir = tu ne viens jamais chez moi), eko gjehy (ne fais rien !).

Pour répondre par la négative à une question, on utilise le pronom temporel correspondant précédé de la négation ou la négation seule. Ex : aneh băda yɩ (la maison est-elle grande ?) - ʦexɛn (non [elle ne l'est pas]) ou ʦe (non).


Accompagnement, addition et continuatif

'ny' (avec, en compagnie de, et)

Il se place après (accompagnement) ou entre (addition) les deux substantifs qu'il lie. Ex : maɩ ƭaʔ jiøʃ ny semɛʤ (passé / père / fils+possessif / avec / venir = le père vint avec son fils), maɩ ƭaʔ ny jiøʃ semɛʤ (passé / père / et / fils+possessif / venir = le père et son fils vinrent).

En revanche, lorsque l'énumération comporte trois éléments ou plus, ny suit l'énumération et est accolé au numéral correspondant. Ex : netehu ŧaɩ ʤil mahi nysă rawɛn (assertif / chien / chat / lion / et+3 / carnivore = le chien, le chat et le lion sont carnivores/mangent de la viande).

Dans tous les cas, ny peut être omis si la compréhension le permet. Ny ne s'applique jamais aux adjectifs qui ne nécessitent aucun lien.


'nun'(continuatif)

Entre deux propositions, on utilise la particule continuative nun qui indique une idée de progression de l'action (on peut la traduire par "et", "puis", etc.) Si les deux propositions sont simultanées, elles ne nécessitent aucune particule. Ex : ʃɛ̆ setɛʃ (nun) bădal ɛrɛm (il-narratif / arriver / continuatif / maison+dans / entrer = il arriva et entra dans la maison).


Particule instrumentale

Elle revêt deux formes : я et яn entre deux verbes.

Elle a trois fonctions :

1) l'instrumental (nom + particule). Ex : ʧaɩ я (avec la main).

2) le participe présent (verbe + particule). Ex : wɛnme яn aʤe (parler en mangeant).

3) l'adverbe (adjectif + particule accolée). Ex : (grand) → yɩя (grandement).


Particule ergative

Si nécessaire à la compréhension de la phrase, on peut faire suivre le sujet ou le pronom attributif du verbe principal par la particule ŧa. Ex : netehu ɛɩ mɛƙ ge miƫ hol ŧa ʃeh ƭuɛk (la plupart des gens que je connais aime la musique - assertif).


Particule appositive

1) Pour en préciser, si nécessaire, la nature, on encadre une apposition par les particules ƥa(n) et ɛɩf (génitif long). L'apposition précède alors le nom et forme un groupe insécable. Si l'apposition n'est pas marquée par la particule, elle se place immédiatement après le nom. Ex : (neh) ƥan awat (le) yɩ ɛɩf mahi (ŧa) rhuʤa or ʤerɛs / mahi awat yɩ rhuʤa or ʤerɛs (le lion, ce grand animal sauvage, dort sous un arbre).

2) La particule seule sert aussi d'équivalent aux deux points (:). Elle indique qu'une explication suit.

La particule s'écrit ƥa devant un mot commençant par une consonne et ƥan devant une voyelle ; cependant, l'usage semble privilégier la seconde forme dans les deux cas.


Nominalisateur

Certains noms se forment par l'adjonction d'un nominalisateur : (n)ãŋ. Ex : ʃeh (musique) → ʃeɩnãŋ (musicien), (grand) → yɩnãŋ (géant), ŧalok (écrire) → ŧakãŋ (écrivain).


Discours direct

Il s'ouvre par la particule ƥe et est clos par le génitif long (précédant le verbe d'énonciation) . Ex : nəʃeh ʃɛruøʃɛl ƥe sɛmaɩ ɛɩf aƫ (il dit à ses enfants : "venez !").


Préfixe verbal causatif

Un verbe peut passer d'une forme résultative à une forme causative en y ajoutant le préfixe causatif consonne initiale + a. Les verbes commençant par C+a demandent une vocalisation du préfixe en ă. Pour les verbes commençant par une voyelle, le préfixe prend la forme an. Ex : nɛʃ (disparaître) → nanɛʃ (faire disparaître), (se transformer) → anuʒ (transformer), diƫ (s’asseoir) → dadiƫ (faire asseoir), waʒa (croire) → wăwaʒa (faire croire).


Subordonnées

1) Elles se placent avant la principale.

2) Si la particule temporelle est la même dans la subordonnée et la principale, elle est en ellipse dans l'une des deux, généralement dans la seconde au niveau temporel.

3) Les particules subordonnées sont postposées.

le temps : (a)tɛ (quand)

Ex : ƥaƫ aƭɛ neh labu ʦajɛk (quand il pleut, les fleurs poussent - simultanéité), xaɩ ƥaƫ aƭɛ aɩr aɩr labu ʦajek (quand il pleuvra/aura plu, les fleurs pousseront - emphase sur la postériorité de la seconde proposition par le redoublement de la particule temporelle).

la cause : ki

(attendu que, comme, étant donne que, parce que, puisque, vu que, sous prétexte que)

le but : (ɛ)r (pour)

Ex : atalku lɛŋ ɛr nəʃeh rhuʤal ryh (il monte dans l'arbre pour prendre des fruits). Si la particule de but suit un verbe finissant par e, l’euphonie veut qu’il soit remplacé par un ɛ. Ex : tɛkme + rtɛkmɛ r (pour comprendre).

la condition : niɩ (si)

Ex : aʃa ŏd niɩ arwat koŧa ʃaʃim (s'il y a du soleil, les fruits seront mûrs/mûriront - assertif)


Particule relative ge (gɛn)

proposition relative

La proposition relative, placée avant le mot (substantif ou pronom personnel) qu’elle détermine, lui est relié par la particule ge.

1) Le temps n'y est indiqué que s'il est différent de la proposition principale.

2) Si le pronom personnel est le même dans la principale et la relative, on utilise la particule temporelle seule pour la relative, la personne étant prioritairement indiquée dans la principale.

Ex : nəhu wɛnme gɛn aʃtaela orlɛg (la pomme que je mange est rouge), ƙɛm neh num gɛnre băda utɽa (j'ai construit la maison où/que/dans laquelle j'habite).

Si le temps est identique dans les deux propositions, mais pas le pronom, on utilise le pronom personnel seul dans la relative. Ex : nəhu hy ʦŏn ge ƫi ƭuɛk(sa) (j'aime le tableau que tu peins !). Si la compréhension contextuelle le permet, on fera l'économie des indications temporelles et pronominales : ʦŏn ge ƫi ƭuɛk(sa) ([j']aime le tableau que [tu] peins !)

participe passé

Placée avant le verbe, la particule sert à former le participe passé. Ex : mɛƙ (connaître) → gemɛƙ (connu). Le participe passé utilisé seul se place à côté du nom selon le modèle de l'adjectif ; ex : ɛmit gemɛƙ (un homme connu). S'il lui est adjoint un complément, il se place alors avant le nom, relié par la particule génitive ; ex : ʧenɛs tu gemɛƙɛf ɛmit (un homme connu pour [sa] générosité).

transition sujet/objet

Elle est aussi utilisée pour faire passer un verbe nominalisé avec (n)ãŋ du sujet à l’objet ; ex : semate (prévoir) → sematenãŋ (celui qui prévoit) → gesematenãŋ (ce qui est prévu).


Numéraux

chiffres et nombres

0 õŋta
1 ik 10 ʤaɩ 100 ʃɛɩ
2 ɛɩð (ðă) 20 ɛzaɩ 1.000
3 30 sadaɩ 10.000 ƫemɛn
4 rhau 40 rhădaɩ 100.000 fegɛn
5 ŋeɩ 50 neŋaɩ 1.000.000 hăzaʔ
6 xɛm 60 xamaɩ
7 fy (fă) 70 ɛftaɩ
8 ŏt (tă) 80 ŏtaɩ
9 gyn 90 gyntaɩ

1) Les voyelles finales longues perdent leur allongement quand elles sont suivies d'un autre chiffre. 11 : ʤaik

2) Composés devant un nombre, les chiffres 2, 7 et 8 prennent leur forme euphonique. 200 : ðăʃɛɩ

3) Précédé d'un chiffre en ă final, 1.000 prend la forme xa. 7.000 : făxa

4) Lorsque le chiffre 1.000.000 est précédé du chiffre 3 ou de la forme euphonique des chiffres 2, 7 ou 8, ces derniers perdent leur ă final. 3.000.000 : shăzaʔ

Ex : 1964 : xă gynʃɛ xɛmʤarhau


adjectif ordinal

1) Se forme en ajoutant le suffixe ʃø (rang, ordre) au numéral (forme euphonique si elle existe). Les finales longues perdent leur allongement. Ex : ðăʃø (deuxième), ʃɛʃø (centième).

2) Pour former l'adverbe correspondant, le suffixe ordinal ʃø s’agglutine à la particule instrumentale я pour devenir ʃa. Ex : ikʃa (premièrement).


Suffixe vocatif lo

Il est utilisé :

1) En guise de vocatif ou comme équivalent à « ô », à la suite d’un nom commun ou propre, d’un groupe nominal ou d’un pronom. Ex : ɛ̆dalo ɛʤɛl semɛʤaɩ ([Ô] ami, viens à moi !), nehlo (Hé, toi !).

2) Pour s’adresser à quelqu’un de façon sociale. Ex : ŋoelo (honorifique + vocatif = Monsieur, Madame, Messieurs Dames), ɛmitlo (homme + vocatif = Monsieur), ʤămelo (femme + vocatif = Madame).

3) Pronom temporel + lo pour rendre la tournure pronom + relative. Ex : ejaŋelo num (Vous qui vivez …).


Synthèses des mots sujets à l'agglutination

1) Le pronom personnel utilisé comme possessif. Ex : bădaɛɩ (ma maison).

2) La particule génitive ɛf. Ex : ʤilɛf may (le miaulement du chat).

3) Les particules (ɛ)r (localisation statique), (ɛ)l (direction) et (ɛ)s (temporelle). Ex : enir ŏd (je suis chez moi), hyenil sɛm (je vais chez toi).

4) Le connecteur verbal (e)w(e). Ex : ƙɛm wɛnmewatu (j’ai fini de manger).

5) La négation ʦ(e). Ex : ʦenəhu iƥe / ʦiƥe (je ne suis pas content).

6) L’interrogation a(l). Ex : aryaɩ sɛm (viendras-tu ?).

7) L’impératif (particule ou pronom personnel utilisé comme tel). Ex : wɛnmeaɩ (mange !), xasɛmɛʔ (sortons !).

8) La particule relative ge placée devant le verbe pour former le participe passé. Ex : gemɛƙ (connu).

9) Le préfixe verbal causatif C+a. Ex : dadiƫ (faire asseoir).

10) La particule instrumentale я dans son rôle adverbial. Ex : yɩя (grandement).

11) Le suffixe vocatif. Ex : hazulo (Ô dieux !).

12) Les intensificateurs ta, sa et fa. Ex : tayɩ (très grand).

13) Les nombres. Ex : 1964 - xă gynʃɛ xɛmʤarhau.


Règles d'euphonie vocalique

• Les mots finissant par la voyelle e et suivis de particules sujettes à l’agglutination (locatif statique et de mouvement, temporel) ainsi que la particule de but voient leur finale devenir ɛ.

Ex : tɛkme + r (particule de but) → tɛkmɛ r (pour comprendre), ʣalehewe + l (locatif de mouvement) → ʣalehewɛl ɛfgɛs (conduire à la résolution), harge + s (temporel) → hargɛs (pendant la nuit).

• Agglutination avec la particule génitive ɛf :

- Finale e + ɛfɛf. Ex : doe + ɛf lɛbaƫdoɛf lɛbaƫ (le sens de l’existence).

- Finale ɛ(ɩ) + ɛfɛɩf. Ex : sisɛ + ɛf ƙaxesisɛɩf ƙaxe (la morsure du serpent).

- Autre finale bivocalique + ɛf → insertion d’un x euphonique Ex : liyliyxɛf urdawaru (les difficultés du commencement).

• Agglutination et euphonique avec le pronom personne ɛʔ :

Après un verbe (impératif) ou un nom (possessif), utilisation des mêmes règles que pour la particule génitive.

Ex : mese + ɛʔmesɛʔ (réfléchissons !), seo + ɛʔɛƫ seoxɛʔ (suivons-la !), ehɛ + ɛʔehɛɩʔ (notre surprise).

• Insertion d'un x euphonique : entre un mot terminé par une syllabe bivocalique et un mot agglutiné débutant par une voyelle (évite la succession de trois voyelles).

• Insertion d’un ə euphonique :

De façon exceptionnelle, un ə euphonique peut éventuellement être inséré entre deux mots (le premier finissant par une consonne et le second débutant par une consonne) lorsque la prononciation se révèle particulièrement difficile. Il s’accole au début du second mot.

Ex : le miƫ əniɩ (si c’est un homme …).


Pays, gentilé, adjectif et glossonyme

Les noms de pays s'écrivent sans majuscule. Le gentilé se note généralement par l’adjonction du suffixe ax, l’adjectif avec aɩx. Le glossonyme accole le nom du pays et ry (langue).

Ex : pɛ̆ (Chine), pɛ̆ax (Chinois), pɛ̆aɩx (chinois, adj), pɛ̆ry (chinois, langue).


Liens

ry : le ry, idéolangue artistique et son dictionnaire.

Chroniques d'Ürtanaheh : genèse, prémisses et évolutions d'un idéomonde, base d'expression du ry et autres idéolangues.

Lal Behi : page personnelle - Lal Behi, idéolinguiste

Idéopédia : le wiki en français des idéolinguistes.

Atelier Philologique : le forum en français des idéolinguistes (langues construites, artistiques, auxiliaires, systèmes de communication, diégèses).