IDEO ANV adjectif qualificatif

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Sommaire

Généralités

Si l’adjectif qualificatif s’accorde en nombre avec le nom, il ne se décline pas :

A dyvnă in àt blu àqs = il plongea dans l’eau bleue.

Il se place toujours devant le nom auquel il est épithète.

Ùt nỳvon liyl = un ciel neigeux ; mais Ù stel nỳven = une étoile de neige.

Le pluriel des adjectifs qualificatifs se forme de la même manière que celui des noms.

Àr rylne nexàvdur = les beaux enfants.

Attributs

L'adjectif attribut se place après le nom auquel il se rapporte, ce qui, parfois, peut obliger à faire appel aux autres mots pour comprendre la phrase.

Àt deavnet • lyzhon. = La journée est pluvieuse.
E stumă æt replix sænden[1]= je trouvai cette réponse sensée.

Compléments

Comme pour les noms, les adjectifs ont, en général leurs compléments au génitif :

ùt vas lakis aqun = un verre plein d'eau.

Certains compléments sont à l'accusatif

Ka • inklímon ors = elle est amoureuse de vous.

D'autres, exprimant notamment une quantité se mettent au circonstanciel

Lung plus ùt metrev = long de plus d'un mètre;

qu'on ne confondra pas avec...

Comparatif

Le comparatif se forme en ajoutant -er à l’adjectif

Lunger ùt metrev = plus long d'un mètre
Lood = bon ; looder = meilleur.


Les adjectifs terminant par une voyelle (autre qu'un -E[2]) ont un comparatif en -R, sauf exception (cf ci-dessous). On fera bien attention, par conséquent, au nombre des noms dont ils sont épithètes ou attributs :

Æt àq • minus blùr qua ted blur obaajse. = Cette eau est moins bleue que tes yeux bleus.

Attention :

Dyla = tendre, dyler = plus tendre.
Numbarone = nombreux, numbonere = plus nombreux
Rènem = grand, remmer = plus grand.

On utilise la même forme pour les comparatifs d’égalité et d’infériorité à laquelle on ajoute respectivement alsy et minus :

A • alsy rènem = il est grand aussi.
A • alsy remmer = il est aussi grand.
A • minus remmer = il est moins grand.


Les compléments de comparatif débutent par la préposition qua

Ed vlàd en • qiter qua't eds an = Mon appartement est plus petit que le sien.
Àt Luxèmburg • minus pobluner qua’t Nederlaṅdes = Le Luxembourg est moins peuplé que les Pays-Bas (complément à l’accusatif)
Àt lugoos • vicer àt havrev qua't lidos = Le phare est plus proche du port que la plage[3]

Àt most o’Connel • næler qua lunger. = le pont o’Connel est plus large que long (le deuxième adjectif est lui aussi au comparatif). Æt vadeb • alsy næler qua vader. = Cette armoire est aussi large que haute[4].

Par ailleurs, on pourra affiner la comparaison de la manière suivante :

minus remmer nep alsy remmer alsy remmer remmer plus remmer
(nettement) moins grand pas aussi grand (un peu moins) aussi grand (un peu) plus grand (nettement) plus grand

Superlatif

Le superlatif se forme en ajoutant -ert à l’adjectif.

Les adjectifs se terminant par une voyelle, ou bien une voyelle + -R font leur superlatif en -rt :

(àt) blùrt = le plus/très bleu
(àt) klàrt = le plus/très clair

On distingue le superlatif relatif du superlatif absolu à l’adjonction de l’article défini à(t)[5].

Æt • àt vadert bynòψak = C’est l’immeuble le plus haut
Æt bynòψak • vadert = Cet immeuble est très haut.

On retrouve au superlatif les irrégularités du comparatif :

(àt) dylert = le(a) plus/très tendre
(àr) numbonerte = les plus/très nombreux(ses)
(àt) remmert = le(a) plus/très grand(e)

...auxquelles on ajoutera

(àt) lort = très bon/le(a) meilleur(e).

Le complément du superlatif relatif se décline au génitif sans préposition :

Æt • àt vadert àr bynòψakene = C’est le plus haut des immeubles.

Par analogie au comparatif d’infériorité et au superlatif on en déduira la construction du superlatif d’infériorité (relatif et absolu)

Æt wasq • minus pœnlert = Ce bassin est très peu profond.
Æt • àt minus perfúrmunert àr omne tiymene. = C’est la moins performante de toutes les équipes.

Le superlatif d’un adjectif qualificatif (ou d’un adverbe) peut changer le sens de l’adverbe qui le précède, notamment reç :

A • reç rènem = il est assez grand
A • reç spændirnert = elle est trop chère.

Le verbe d'une proposition subordonnée d'un adjectif au superlatif (ou du nom auquel il se rapporte) sera conjugué au subjonctif.

Æt • àt bynòψak àt vadert quas eg epèr vedía = C'est l'immeuble le plus haut que j'aie jamais vu.

Substantif

Bien entendu, on peut utiliser un adjectif qualificatif, en l'état en tant que substantif. Dans ce cas, il se décline de la même manière qu'un nom commun :

Ka geràda sed fœntese hrytev. = Elle a gardé ses pieds au sec.
Eg neper kogsta ùt taka koldes. = Je n'ai jamais connu un froid pareil.
Da dem nep hàltena àt semàforev rubev! = Il ne s'est même pas arrêté au feu rouge !

Rubev est ici un adjectif substantivé : "au feu au rouge". d'où sa place derrière le nom, contrairement aux épithètes aneuviennes.

Bien entendu, il garde également ses particularités d'adjectif et peut donc se mettre au comparatif ou au superlatif. La terminaison de déclinaison termine le mot :

Or kjas inkòmit: or mir ere warmerev qua itùs. = Entrez donc : vous serez plus au chaud que dehors.
Eg pàn à klàrtes ed tempen las aψkùrsun as... serat àt lug mælçhes es.[6]= Je passe le plus clair de mon temps à l'obscurcir (en l'obscurcissant)... parce que la lumière me gêne (Boris Vian : L'écume des jours).

Cependant, dans ces exemples :

À svart xeliys • rylner qu'àt rub = La voiture noire est plus belle que la rouge.
E kov ni orv àr tiyn: àt rènem ea't qit = Je vous achète les deux : le grand et le petit.

les adjectifs restent en tant que tels car le nom soit n'est pas répété (1er exemple) soit est complètement éludé (2e exemple[7]).

Retour : Aneuvien

  1. Mais : E stumă æt replix sikal sænden= Je trouvai cette réponse vide de sens.
    Dans cette phrase, silak est l'adjectif attribut de replik et sænden est un nom au génitif, complément de silak.
  2. Contrairement aux verbes et à certains noms, il n'y a aucun adjectif singulier se terminant par un -E
  3. Toutefois, pour la phrase : "Le phare est plus proche du port que DE la plage", les distances comparées ne sont plus les mêmes et la phrase aneuvienne devient : Àt lugoos • vicer àt havrev qua't lidov. Dans cette dernière phrase, le point de départ de la comparaison est le phare, dans la précédente, c'est le port.
  4. On ne répète ni alsy ni minus.
  5. Toutefois cet article peut disparaître, ce qui peut générer des ambigüités :
    Æt • ed rylnert Nàtyv = c'est mon plus beau Noël.
    On peut toujours s'en sortir, dans certains cas, en mettant un complément au génitif (pluriel) ce qui laissera penser, selon toute vraisemblance, à un superlatif relatif :
    à ed remmert perfúrmat préférer àt remmert ed perfúrmatene.
  6. Et non pas :
    Eg pàn ed klàrt tempes... = Je passe mon temps le plus clair...
    qui n'aurait pas une signification pas tout-à-fait identique.
  7. On peut supposer qu'il s'agit d'un mot comme "article", supposition impossible avec les autres exemples : Qu'est-ce qui est chaud ?