IDEO ANV Pronoms

Un article de Ideopedia.

Les pronoms ont une différence avec les adjectifs qui leur correspondent, c'est que, comme ils sont censés être utilisés à la place de noms, ils en prennent les fonctions et, à ce titre, ils sont déclinables.

Sommaire

Les pronoms possessifs

Ils ressemblent aux adjectifs qui leur correspondent

Ted hræne biyne lungere qua meże = Tes haricots verts sont plus longs que les miens.

Pronoms personnels

Nominatif Acc./Dat. Génitif Circonst.
1re s eg[1] es en ev
2me s o os on ov
Vvt or ors orn orv
3me s a [2][3] as an av
1re p er ese ene eve
2me p or ose one ove
Ustedes orse orne orve
3me p ar[2] ase ane ave

Vouvoiement :

Eg char nep ni os = je ne te mens pas
Eg char nep ni ors = je ne vous mens pas (vvt à une seule personne)
Eg char nep ni ose = je ne vous mens pas (à plusieurs personnes)
Eg char nep ni orse = je ne vous mens pas (vvt à plusieurs personnes : (un peu) l'équivalent d'ustedes ).

Quand or traduit un vouvoiement singulier, le verbe est au singulier :

Ep or audja es? = M'avez-vous entendu ? (à une personne)
Ep or audjar es? = M'avez-vous entendu ? (à plusieurs, vvt ou non)

Il existe aussi un nous singulier, beaucoup moins courant...

Er, Henri IV, rex Fraṅsen ea Nàvarren dik tep Paris varde'p ùt mastes =

Nous, Henri IV, roi de France et de Navarre, disons que Paris vaut bien une messe.

... mais dont certaines utilisations peuvent être inattendues :

Er, delégadu àt 8en B requèd at núlentyns omnàr kollektise saṅktynene cem iflígunar per àt profesorev X. X. = Nous, délégué de 4me B demandons l'annulation de toutes les punitions collectives infligées par le professeur X.X.

Et pour ce qui est des déclinaisions :

Or kredite ni es, aṅkthet or krede nep ev. = Croyez-moi, même si vous ne croyez pas en moi.


Impersonnel

Le pronom impersonnel français "il" peut être traduit de plusieurs manières différentes. Tout dépend de ce qui suit le verbe :

A nỳven = Il neige.
A lyzhen devèr sàrdaw = Il pleut depuis hier.
A • pylas = Il est tard.
A dor kold = Il fait froid.

Mais...

Fiynen dor = Il fait du vent (du vent fait)[4].
Kodhumen nỳven = Il neige du coton (du coton neige)[5].
Hoψ ok ep = Il est huit heures (heure huit est).
Ùt fæt ere... = Il était une fois... (une fois était...).
Dem paṅklun per à xeltœrev keferton = Il est dangereux de se pencher par la portière (se penchant par la portière (est) dangereux).
Ùt miklósat mus ted horlav = Il manque un bouton à ta chemise (un bouton manque...).

Indirect

Représente une combinaison des adjectifs possessifs et de l'adjectif personnel indirect, adapté au pronom :

Ed kœṅzhere en lungere qua eż an = mes vacances sont plus longues que les siennes.
Eg kógste ed neràpdax an, ka kógste eż en. = Je connais son fils, elle connaît le mien.

Pronom démonstratif

Ressemble à l'adjectif, la déclinaison en plus : Æt horla en rylnert do æt on minus spændirner. = Cette chemise-ci est très belle, mais celle-là est moins chère.

Er retrokòmite dyn ær òvse en = Revenons à nos moutons.
Ær qua live saṅtrev staden = ceux qui vivent en centre ville
E gœnes æċe kaṅden = je prends celles du fond.
  • Les gallicismes "ce qui, ce que" et "ce dont" :

Æt n'est quasiment jamais traduit et seul le pronom qua subsiste :

Eg eċ quas aliyd ors iyr = J'ignore ce qui vous amène ici.

Ce qui pourrait faire prendre cette proposition relative pour une interrogation indirecte, comme dans :

Eg eċ quadùs aliyd ors iyr = J'ignore qui vous amène ici.

Par contre, "celui, celle qui" est effectivement traduit æt qaua.

Inest ær xeliyseve, eg mir op æċ qua hab ù todarblàjs = Parmi ces voitures, je choisirai celle qui a un toit ouvrant.

Pronoms indéfinis

idem[6] le (la) même numbar plusieurs ùdat au moins un
la[7] on alj, aljùt, alidù autre dam certain
æq[8] chaque (-cun) tàn tel epdù, okèndu[9] quelqu'un
Omen, -ne[10] tout, tous ċys en epùt, okènut[9] quelque chose

On retrouve des adjectifs, tels que alj, idem, tàn... avec quelques mots en plus, comme la[11], cys[12]. Ces mots, pas toujours variables en nombre, se déclinent néanmoins.

Tàn ridun vrjesdaw mir zhiym sœndaw. = Tel qui rit (riant) vendredi pleurera dimanche.
Eg nep tàrd, kes ùt damdák kaṅt, tep ka er àt mirùkad daken = Je ne suis pas bien sûr, comme chante un certain (un certain chante), qu'elle soit l'avenir de l'homme (J. Brel).
E gœnes amals ni ċys = J'en prends soin.
— Or dœmit ni las
— Eg dœm ni ċys
— Pensez à autrui.
— J'y pense.
Gœnest ùdaċ = Prenez-en au moins un.
Ed segax adpòcduve, ùdat cem mir eradráṅd. = Sur nos six candidats, au moins un sera reçu.

Pronoms relatifs

À ne pas confondre avec les pronoms personnels indirects, les pronoms relatifs introduisent une proposition subordonnée relative. Il en existe deux en aneuvien, lesquels se déclinent et offrent par conséquent la traduction de la plupart des pronoms relatifs étrangers.

Nominatif Acc./Dat. Génitif Circonst.
qua quas, ni quas quan quav
qui que, à quoi dont, de quoi
quat(e) ni quac(e) quaten(e) (in) quatev(e)
[13] le(s)quel(s) au(x)quel(s) duquel desquels (dans) le(s)quel(s)
àt ant quan eg dyserta ni os... = la chose dont je t'ai parlé...
À taṅk in quatev o ażàca àt àqs cem ere prken. = Le réservoir dans lequel tu as versé l'eau était percé.

Ces traductions ne sont pas systématiques, exemple :

Àt boftedak ni quav[14]o kova à svart kàrnan cem pernda. = Ce boucher à qui tu avais acheté de la viande noire a été arrêté.


Pronoms interrogatifs

Introduisent une proposition subordonnée ou bien une phrase interrogative, leur ressemblance avec les pronoms relatifs, en aneuvien pourrait les faire confondre. Toutefois, en plus de la proximité d'un verbe (pour les propositions subordonnée) et de la différence de traduction de "qui", on peut arriver à les départager. Pour "quoi ?" et "lequel ?", c'est un peu plus dur.

Àt dak qua koma dem naamen Akirons. = L'homme qui est venu s'appelle Akirons.
E kred stun quadù koma. = Je crois savoir qui est venu.
E sta quadùs o vedja. = Je sais qui tu as vu.
Qua dor ù tan hrupiż? = Qu'est-ce qui fait un tel bruit ?
Æt • àt akolvádeb qua dor æt hrupiż. = C'est le réfrigérateur qui fait ce bruit.
O ste ep quaċ or gœnes? = Vous savez lequel[13]vous prenez ?



  1. E devant G, K, Q ou deux consonnes quelconques
  2. 2,0 2,1 :A (neutre), da (♂), ka (♀). les deux derniers sont facultatifs et ne servent que pour lever une éventuelle ambigüité. On n'utilisera da(r) et ka(r) que pour des sujets (ou des compléments) dont on veut explicitement donner un renseignement sur le sexe ou bien se rapportant à des noms masculins ou féminins se terminant par -d(e), -dak(e), -k(-e), -kad(-e). Exemples :
    Eg vedja nep àt doktors: a ere graṅg = Je n'ai pas vu le docteur : il était malade. (C'est la première fois que j'allais le voir, je ne savais pas si c'était un homme ou une femme).
    Eg vedja àt doktors, da gevna ùt mediklistes = J'ai vu le docteur, il m'a donné une ordonnance (là, j'ai bien vu qu'il s'agissait d'un homme, sinon j'aurais dit "elle m'a donné...", traduit par ka gevna).
    Àt leod ere pos àt leokev, da ere posgæn kas = Le lion était derrière la lionne, il la suivait.
    Eg ere nep vedj àt lobs: a ere rec telasert = Je ne voyais pas le loup : il était trop loin.
    Àt nexàvkad ere ed skerdev en, ka ere inzh ùt àjs = La fillette était à ma gauche, elle mangeait une glace.
    Da et ka sont déclinables et s'accordent en nombre, au même titre que a :
    E golàjdora kœm kas. = J'ai fait l'amour avec elle.
    Dar dem chave ùt fætev per deaw. = Ils se rasent une fois par jour.
  3. On fera toutefois attention à l'emploi de la troisième personne. À l'inverse de certaines langues ( ...), s'adresser directement à quelqu'un à la troisième personne est une marque de distance, de froideur, voire d'hostilité. Si en plus on s'adresse à la personne en donnant du a au lieu de da ou ka, c'est un signe de mépris affiché : A staṅt itùs: æt ùt pryvàt abnet! = Vous, là, restez dehors : c'est une soirée privée (il (neutre) reste dehors : c'est une soirée privée) !
  4. À comparer avec A fiynen = Il vente.
  5. Se dit quand il neige à très gros focons
  6. MÊME On ne confondra pas
    àt idem nox = la même nuit, avec
    æt nox(ev) iψ = cette nuit-même.
    Les ompléments de idem se déclinent avec l'accusatif, derrière la préposition QUA, comme les compléments de comparatifs d'adjectifs qualificatifs et d'adverbes :
    E dhep gœnes àt idems qua æc en do rhod = Je prends la même que celle-ci, mais en rose.
  7. ON, a été reversé, dans la grammaire française, dans les pronoms personnels pour des raisons pratiques, et notamment pour le distinguer de A (lire plus loin), il figure, ici, avec les indéfinis :
    LA devant un verbe au singulier est un pronom indéfini
    La lokùt anoevens = On parle aneuvien.
    Peut être utilisé de manière ironique (plaisante) pour "tu" ou "vous" :
    La nep rec renearanert? = On est pas trop fatigué ?
    Dans ce cas, on utilisera bien LA et surtout pas A. Ce dernier est nettement irrévérencieux, voire insultant (lire, dans cette page de l'Atelier, le deuxième renvoi). Devant un verbe au pluriel, il est mis pour "nous"
    La loot cenar = on a bien diné.
  8. CHAQUE
    Le pronom pouvant être aussi bien æq : tiyn euror æquev = deux euros chaque
    que æqdu ou æqut :
    Ùt paar chyfene ni æqdus ea omen • sadef! = Une paire de gifles à chacun et tout le monde est content !
  9. 9,0 9,1 QUELQU'UN, QUELQUE CHOSE
    Si ces déterminants sont bien des mots à priori, la règle grammaticale qui régit le choix d'un ou l'autre d'entre eux est, elle, à postériori puisqu'ils sont les traductions respectives de someone & anyone; something & anything:
    Epùc o vedja? = As-tu vu quelque chose ?
    Eg vedja okèndus dem uskèψun per dæn. = J'ai vu quelqu'un s'enfuir par là.
    Les termes négatifs correspondants sont nepdù & nepùt.
  10. TOUT
    OMEN & OMNE commençant par des voyelles :
    Omen rovœrs es. = Tout m'ennuie.
    Omne rovœrse es. = Tous m'ennuient.
  11. ... dont la déclinaison peut le faire traduire en "autrui", au même titre que alidù
  12. Ne se décline pas au nominatif : ċys, ċyn, ċyv, signifie "en" & "y" traduit en "autrui", au même titre que alidùs.
    Eg mir dysert cyn ed posvic operknegev in = J'en parlerai dans mon prochain ouvrage.
  13. 13,0 13,1 Les termes aneuviens traduisent aussi laquelle, lesquelles etc. À ce titre on peut lire cette page sur le genre non marqué en français.
  14. "Qui" a été, ici, traduit par quav, à cause de la particularité de certains COI, notamment parmi ceux de verbes comme kov (provenance)