Euphonie

Un article de Ideopedia.

L'euphonie comme le laisse supposer son étymologie grecque (εὐφωνία)[1]tient surtout du confort d'élocution et d'esthétique à l'écoute (notion ô combien subjective).

Les langues ont des règles d'euphonie quand le voisinage des mots rend la prononciation problématique (chapelets de voyelles ou de consonnes). Certaines d'entre elles sont de simples conventions phoniques, d'autres sont d'avantage ancrées dans la langue et influent sur l'orthographe.

Langues naturelles

Parmi les règles francophones d'euphonie les plus connues, on notera par exemples celles qui sont la conséquence de l'interversion d'ordre, dans la phrase, entre le verbe et un pronom personnel sujet lorsque celui-ci est un pronom.

Pour la première personne du singulier et les verbes su premier groupe. En effet, le E muet de la terminaison du verbe devient prononcé et se voit coiffé d'un accent aigu, afin de ne pas créer un problème de prononciation avec le son [ʒ] de je... constaté-je.
Pour la troisième personne du singulier et toutes les conjugaisons se terminant par une voyelle (présent des verbes du premier groupe (-E), passé et futur simple de tous les verbes (-A)), afin de ne pas se trouver en assonance avec le O de "on", le I de "il" ou bien le E de "elle". Ainsi intercalera-t-on un T pour éviter un tel choc.

L'apostrophe est un signe de ponctuation très présent en français et en italien quand elle permet de ne pas faire voisiner deux voyelles entrainant une élocution trop hachée[2].

La più bella città dell'Italia = La plus belle ville de l'Italie.

Dans certains cas, mais ce n'est pas considéré comme une règle, on peut avoir recours au svarabhakti : deux pəneus crevés ! té !

Idéolangues

Aneuvien

Quand plusieurs consonnes se succèdent, aussi bien dans un seul mot que lorsque deux mots se succèdent. On escamotera la plus problématique d'entre elles, à l'exception, dans la mesure du possible, de la première lettre d'un mot. Si toutes les consonnes doivent être prononcées (emrge) on aura alors recours au svarabhakti[3].

L'apostrophe est utilisée également en aneuvien, mais de manière beaucoup plus parcimonieuse qu'en français ou en italien. Uniquement dans les collisions comme ea't, ea'r (ea + àt, ea + àr) ou bien qua't & qua'r (conditions analogues).


  1. De εὖ (grec ancien) = bien.
  2. Par contre, pas d'apostrophe en espagnol : la estación, el agua = la gare, l'eau.
  3. ... mais c'est plutôt rare.