Concordance des temps

Un article de Ideopedia.

La "concordance des temps" est une relation spécifique qu'entretiennent les verbes appartenant à des propositions différentes au sein d'une même phrase. Ainsi les temps et modes employés dans la subordonnée dépendront de ceux employés dans la principale.

Sommaire

En français

Les règles de la concordances des temps de la grammaire française sont parmi les plus précises d'Europe,sinon du monde et donnent une solution précise à toute position du procès d'une proposition par rapport à celui d'une autre.

  • Cas 1 : Subordonnée COD à l'indicatif (principale : verbe savoir)
Proposition
principale
Proposition
subordonnée
Antérieure Simultanée Postérieure
passé je savais qu'il était venu

je sus qu'il fut venu

Je savais qu'il venait

je sus qu'il vint

je savais qu'il viendrait

je sus qu'il viendrait

présent je sais qu'il est venu je sais qu'il vient je sais qu'il viendra
futur je saurai qu'il sera venu je saurai qu'il viendra
  • Cas 2 : Subordonnée COD au subjonctif[1]

(principale : verbe souhaiter)

Proposition
principale
Proposition
subordonnée
Antérieure Simultanée Postérieure[2]
passé je souhaitai(s) qu'il fût venu je souhaitai(s) qu'il vînt
présent je souhaite qu'il ait été je souhaite qu'il vienne
futur je souhaiterai qu'il sois venu[3] je souhaiterai qu'il vienne

D'autres possibilités existent bien entendu, rejoignant soit le premier tableau (subordonnées causales, consécutives...), soit le deuxième (concessives, finales) soit les deux (temporelles).

Idéolangues

Aneuvien

Le système des particules rend la concordance des temps plus aisée à pratiquer dans la mesure où, en général, c'est la même particule qui est utilisée dans le cas où le procès de la proposition subordonnée est antérieur.

  • Cas 1 : Subordonnée COD à l'indicatif (principale: verbe stĕ = savoir)
Proposition
principale
Proposition
subordonnée
Antérieure Simultanée Postérieure
passé eg ere stĕ tep a ere pàteza eg ere stĕ tep a ere pàteze/pàtezun

e stă tep a pàteză

eg ere stĕ tep a pàteze

e stă tep a pàteze

présent e stĕ tep a pàteza e stĕ tep a pàteze/pàtezun e stĕ tep a mir pàteze/pàteza[4]
futur eg mir stĕ tep a mir pàteza eg mir stĕ tep a mir pàteze

Cas 2 : Subordonnée COD au subjonctif (principale: verbe aates = espérer)

Proposition
principale
Proposition
subordonnée
Antérieure Simultanée Postérieure
passé eg ere aates tep a ere patezéa

eg aacă tep a ere patezéa

eg ere aates tep a ere pàtez[5]

eg aacă tep a ere pàtez[5]

eg ere aates tep a pàtez

eg aacă tep a pàtez

présent eg aates tep a patezéa eg aates tep a pàtez eg aates tep a mir pàtez
futur eg mir aates tep a mir patezéa[3] eg mir aates tep a mir pàtez

L'utilisation d'un temps (et d'une particule) se fait toujours en fonction du temps de la proposition principale. Toutefois, le futur d'un passé ne se conjuguera pas au présent du conditionnel, comme en français, mais à l'indicatif ou au subjonctif, conformément au verbe de la proposition subordonnée.

  • D'autres cas de concordance existent, notamment avec les particules dhep et auk.

Elko

Certes, les verbes sont invariables en elko, mais les auxiliaires temporels, selon la place qu'ils occupent dans la phrase et selon leur nombre et leur nature permettent de nuancer le discours, en plaçant dans le temps chaque procès énoncé dans les différentes propositions.

Prenons une phrase de référence :

. Ero tena - Ogo naraki = je sais qu'il vient.

La phrase étant au présent (puisque le verbe de la proposition principale l'est), il n'y a rien de spectaculaire. Maintenant, avec le tableau, on va voir les différentes options possibles pour chacun des procès. Tout d'abord, quant le temps général concerne toute une phrase, son auxiliaire se place en début de phrase, devant le sujet.


{| style="margin: auto;" class="wikitable" border="1" cellspacing="0" style="text-align:center; width:90%;" |- !Rowspan="2"|Proposition
principale !Colspan="3"|Proposition
subordonnée |- !Antérieure !Simultanée !Postérieure |- |passé |. wedu Ero tena - Ogo naraka[6] |. wedu Ero tena - Ogo naraki |. wedu Ero tena - Ogo wudu naraki |- |présent |. Ero tena - Ogo naraka[6] |. Ero tena - Ogo naraki |. Ero tena - Ogo wudu naraki |- |futur |. wudu Ero tena - Ogo naraka[6] |. wudu Ero tena - Ogo naraki |. wudu Ero tena - Ogo wudu naraki |}

Tout se passe à peu près comme sur une portée musicale : Les auxiliaires temporels énoncés en début de phrase sont comparable aux altérations situées à la clé de la portée et concernent donc tous les verbes de la phrase. Les auxiliaires locaux décalent en avant (futur : wudu) ou en arrière (passé : wedu ; si le(s) verbe(s) concerné(s) n'est (ne sont) pas dans un aspect "accompli" : -A) les verbes des propositions subordonnés par rapport au temps du verbe le la proposition principales, comme des altérations locales modifient une note à l'intérieur d'une mesure.

Gelota

En gelota, quand une subordonnée utilise un verbe conjugué, le temps de verbe subordonné est soumis à ce tableau, selon sa relation avec le verbe recteur :

Temps du verbe recteur Rapport du régi au recteur Temps du verbe régi
Temps du passé Antériorité Amplifiant
Simultanéité Présent
Postérité Futur
Temps du présent Antériorité Temps du passé
Simultanéité Présent
Postérité Futur
Temps du futur Antériorité Temps du passé
Simultanéité Présent
Postérité Amplifiant

Moschtein

Le parfait et le futur dans la principale amènent à utiliser ces mêmes temps (simultanéité) ainsi que leurs temps antérieurs et postérieurs dans une subordonnée. Il en va de même pour le présent, à ceci près qu'on peut exprimer une nuance quant à la distance au présent, grâce au parfait et au futur qui marquent un écart plus grand que le présent antérieur et le présent postérieur. L'imparfait, l'immédiat et le continuel fonctionnent comme leurs temps de base respectifs. Au mode subjectif, le principe est exactement le même qu'au mode objectif. Dans le tableau suivant, seuls sont montrés les temps de base à l'objectif.

Proposition
principale
Proposition
subordonnée
Antérieure Simultanée Postérieure
passé Profunmo, was bolda waloni ven. Profunmo, was walem ven. Profunmo, was bolda walura ven.
présent Profuni, was walem ven.

Profuni, was bolduk waloni ven.

Profuni, was wale ven. Profuni, was walio ven.

Profuni, was bolduk walura ven.

futur Profunlia, was boldio waloni ven. Profunlia, was walio ven. Profunlia, was boldio walura ven.

Psolat

La conjugaison psolat rejoint à peu près celles de type roman. À ce titre, elle adopte (plus ou moins) la structure de ses langues inspiratrices, avec quelques adaptations, toutefois.

  • Cas 1: Subordonnée COD à l'indicatif (principale: verbe saper = savoir)

{| style="margin: auto;" class="wikitable" border="1" cellspacing="0" style="text-align:center; width:90%;" |- !Rowspan="2"|Proposition
principale !Colspan="3"|Proposition
subordonnée |- !Antérieure !Simultanée !Postérieure |- |passé |sapev ke haveva venid saperi ke haverit venid |sapev ke venivat saperi ke venerit |sapev ke venivera saperi ke venivera |- |présent |sapeo ke have venid |sapeo ke venit |sapeo ke venira |- |futur |sapero ke havera venid |Colspan="2"|sapero ke venira |}

Cas 2: Subordonnée COD au subjonctif (principale: verbe espender = espérer)

{| style="margin: auto;" class="wikitable" border="1" cellspacing="0" style="text-align:center; width:90%;" |- !Rowspan="2"|Proposition
principale !Colspan="3"|Proposition
subordonnée |- !Antérieure !Simultanée !Postérieure |- |passé |espendev ke havava venid espenderi ke havava venid |espendeb ke veniava espenderi ke veniava |espendev ke venia(va) espenderi ke venia(va) |- |présent |espendeo ke hava venid |espendeo ke venia |espendeo ke veniara |- |futur |espendero ke havara venid |Colspan="2"|espendero ke veniara |}

D'autres cas de concordances existent avec les différentes nuances du conditionnel.

Uropi

  • Cas 1: Subordonnée COD à l'indicatif (principale : verbe zavo = savoir)
Proposition
principale
Proposition
subordonnée
Antérieure Simultanée Postérieure
passé i zavì te je avì venen i zavì te je venì i zavì te je venev
présent i zav te je venì i zav te je vene i zav te je ve veno
futur i ve zavo te je v'avo venen i ve zavo te je ve veno
  • Cas 2: (principale: verbe vuco = souhaiter).
Proposition
principale
Proposition
subordonnée
Antérieure Simultanée &
postérieure
passé i vucì te je avev venen i vucì te je venì
présent i vuc te he avev venen i vuc te je venev
futur i ve vuco te je avev venen[3] I ve vuco te he ve veno

  1. La concordance des temps est en général respectée, mais elle l'est de moins en moins à l'oral quand le verbe de la subordonnée est au subjonctif :
    Ex : Je ne pensais pas qu'ils fussent / Je ne pensais pas qu'ils soient (la première phrase est correcte tandis que la deuxième ne l'est pas). Cette seconde forme est toutefois tolérée, toutefois, le conditionnel est préféré : "je ne pensais pas qu'il serait". Le caractère hypothétique de ce mode permet, dans certains cas, le remplacement des dictions et graphies étranges du subjonctif imparfait francophone.
  2. L'absence de subjonctif futur (présent en cast., port., anv. & plt) limite les possibilités en matière de postériorité hypothétique.
  3. 3,0 3,1 3,2 Rare.
  4. Si procès accompli au futur.
  5. 5,0 5,1 Ces deux formes sont également possibles quand le procès de la subordonnée est postérieur à celui de la principale, tout en restant dans le passé.
  6. 6,0 6,1 6,2 On peut toujours remplacer la forme accomplie naraka par wedu naraki si on veut mettre l'accent sur un procès indéterminé dans le passé