Cas grammatical

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Le cas grammatical est un trait grammatical qui définit la fonction d'un groupe nominal par rapport au reste de la phrase (par exemple en français : le sujet, le complément d'objet, les compléments circonstanciels...)


Sommaire

Modes d'expressions des cas

Suivant les langues, les cas peuvent s'exprimer soit :

  • par l'ordre des éléments d'une phrase (ex. français : on reconnait le sujet par sa place, traditionnellement avant le verbe)
  • par une adposition (préposition ou postposition) (ex. français : l'inessif est marqué par la préposition "dans")
  • par une variation morphologique (ex. latin : DOMINVS s'utilise pour le nominatif, DOMINVM pour l'accusatif, DOMINI pour le génitif etc...)
  • Par une flexion ET une adposition[1]

Valeurs des cas

Nom du cas Rôle principal Idéolangues
Abessif Manque, absence Sivélien
Ablatif Éloignement (depuis un lieu ouvert) Quenya, Sivélien, Yefithil
Absolutif COD d'un verbe transitif
et sujet d'un verbe intransitif
Toutes les langues ergatives
Accusatif COD Aneuvien
Espéranto
Galum
Quenya
Sivélien
Sprante
Volapük
Yefithil
Adessif Position en un lieu ouvert Sivélien
Agentif Initiateur d'une action Finelianõn, Olyen, Oniki
Allatif Direction vers un lieu ouvert Quenya, Sivélien
Bénéfactif Bénéficiaire d'une action Sprante
Causal Cause, motif Sivélien
Circonstanciel Complément cironstanciel Aneuvien, (Olyen)
Comitatif Accompagnement Sivélien
Datif COS ou COI Elko
Quenya
Sivélien
Sprante
Volapük
Désagentif Initiateur involontaire et/ou partiel d'une action Olyen
Directif Direction
Distributif Partage Sivélien
Élatif Mouvement depuis un lieu fermé Sivélien
Ergatif Sujet d'un verbe transitif
Équatif Comparaison, ressemblance Sivélien
Essif État, chose en tant que laquelle on agit Sivélien
Génitif Complément du nom,
lieu d'où l'on vient (sans mouvement[2])
Aneuvien, Elko
Quenya
Sivélien
Uropi
Volapük
Yefithil
Illatif Mouvement vers un lieu fermé Sivélien
Inessif Location en un lieu fermé Sivélien
Instructif Manière
Instrumental Moyen Galum
Quenya
Yefithil
Locatif Lieu, sans mouvement Elko
Galum
Quenya
Nominatif Sujet Toutes les langues accusatives [3]
Partitif Partie d'un tout[4] Sivélien
Patientif Patient ou expérient de l'action. Ɣu, Olyen, Oniki
Possessif Possession
relation[5]
Quenya
Sprante
Yefithil
Régime Tout ce qui ne concerne pas le sujet[6] Ŧhub
Terminatif Point final, but Sivélien
Translatif Changement d'état Sivélien
Vocatif Appel, évocation Sprante

À compléter

Les cas dans les langues

Langues naturelles

Allemand

Article détaillé

L'allemand utilise des déclinaisons à quatre cas, à savoir le nominatif, le génitif, de datif et l'accusatif. Les noms, pronoms, articles et adjectifs sont concernés par ces flexions.

Anglais

L'anglais actuel n'est plus à proprement parler une langue à déclinaisons, les seules flexions de noms ne concernent que le pluriel, tout au plus pourra-t'on mentionner le cas possessif qui est une trace d'un ancien "génitif de possession", comme on peut le trouver dans ces exemples :

His sister's car = La voiture de sa sœur.
The boys' ball = Le ballon des garçons.
At the Moors' = Chez les Moors.

Par contre, les pronoms personnels & relatifs subissent, comme dans bien d'autres langues, des transformations selon les fonctions qu'ils occupent dans la phrase.

Sujet. Compl.
I Me
You (anciennement Thou) You (anciennement Thee)
He, She, It Him, Her, It
We Us
They Them
Who Whom, whose
Which

Français

article détaillé

En français, l'expression des cas se fait essentiellement à travers l'ordre dans la phrase (SVO) et l'usage d'adpositions[7]

  • Le chat mange la souris avec ses pattes, dans la maison.
    • sujet : le chat ; repéré par l'emplacement
    • COD : la souris ; repéré par l'emplacement
    • instrumental : avec ses pattes ; repéré grâce à la préposition "avec"
    • locatif : dans la maison ; repéré grâce à la préposition "dans".

Cependant, comme en anglais et d'autres langues considérées comme "non flexionnelles" (pour les noms), les pronoms personnels subissent plusieurs flexions selon leur fonction dans la phrase, il existe même des pronoms toniques :

Sujet. C.O.D. C.O.I. Tonique
1re S. je me me, à moi moi
2re S. tu te te, à toi toi
3re S. il, elle le, la, se[8] (à) lui, à elle, se[8] lui, elle
1re P. nous (à) nous nous
2e P. vous (à) vous vous
3re S. ils, elles les, se[8] leur, à eux, à elles, se[8] eux, elles

On peut aussi considérer que "que" (C.O.D.) ou "quoi" (C.O.I.) sont des flexions de "qui" ; mais ce qui marche pour les pronoms relatifs ne marche pas pour les pronoms interrogatifs (ou considérés comme tels) :

  • Je sais ce que tu as vu.
  • Je sais qui tu as vu.

Latin

Le latin utilise six déclinaisons subdivisées en six cas. Un septième cas (le locatif) n'existe que pour certains noms des deuxième et quatrième déclinaison : lire l'article détaillé.

Russe

Article détaillé

Le russe utilise trois déclinaisons de six cas chacune. Les cas sont


Idéolangues

Aneuvien

Article détaillé

Les cas grammaticaux sont représentés par la déclinaison des noms, laquelle peut être accompagnée d'une ou plus rarement de deux adpositions. Le cas nommé "circonstanciel" est en fait la représentation, soit de l'ablatif latin[9], soit de l'instrumental et du locatif russe, soit de la représentation locative du datif allemand, soit de plusieurs cas utilisés notamment dans les langues finno-ougriennes, comme l'élatif, l'inessif, etc.

Àt gat inzh àt mooz kœm sed zegeve in àt hoosev.

On remarque que le chat se sert de ses pattes (à lui) pour manger la souris. Si on avait voulu exprimer que le chat mange y compris les pattes de la souris (la souris avec ses pattes), la phrase serait devenue:
Àt gat inzh àt mooz kœm sed zegse in àt hoosev.

Elko

L'elko compte quatre cas : le génitif, le le locatif, le datif et le nominatif. Ils sont exprimés au moyen de suffixes cumulés introduits par "-o". Ainsi les quatre cas se présentent sous la forme suivante :

  • Génitif : Utilisé pour exprimer l'appartenance, la possession, l'origine et la provenance. Il s'exprime au moyen du suffixe "-oa". (tano l'arbre > tanoa de l'arbre)
  • Locatif : Utilisé pour exprimer l'emplacement statique. Il s'exprime au moyen du suffixe "-oe". (tano l'arbre > tanoe dans/sur l'arbre)
  • Datif : Utilisé pour exprimer le don, le rapport à l'autre et la destination. Il s'exprime au moyen du suffixe "-oi". (tano l'arbre > tanoi à/vers l'arbre)
  • Nominatif : Utilisé par défaut, il joue en elko, à la fois le rôle de nominatif et d'accusatif. Il s'exprime au moyen du suffixe "-oo" plus souvent simplifié en "-o". (tano l'arbre > tanoo l'arbre).*

Espéranto

L'espéranto est une langue à deux cas : le nominatif et l'accusatif. L'accusatif (terminaison en -n, derrière le nombre au besoin) sert pour les complément d'objets et les compléments de destination.

Ili iras la urbodomon = Ils vont à la mairie.

Galum

En galum, ce sont les prépositions qui définissent les cas. Toutefois, dans des formes allégées de langages, certaines prépositions disparaissent, imposant un ordre syntaxique précis. Ainsi, cette ordre sera privilégié même si on utilise les prépositions.

  • Iv' milam hurtorena ak' heftam uf' ulo fiynamnei os' ix taijam. ==> Milam hurtor heftam uf' fiynamnei os' taijam. : Le chat mange la souris avec ses pattes, dans la maison.
    • "iv'"(nominatif) et "ak'"(accusatif) peuvent disparaître dans des phrases aussi simples si l'ordre "iv'-verbe-ag'-ak'-ax'" est respecté, mais pas "uf'"(instrumental) et "os'"(locatif)
    • "os' ix" permet de préciser qu'il s'agit de l'inessif ("ix"="à l'intérieur de"), mais si, comme dans cette exemple, il n'y a pas d'ambiguïté, on utilisera plus facilement "os'" seul


Kotava

En Kotava, il n'existe aucune marque de cas. Tout cas, y compris le complément d'objet direct rendu dans beaucoup de langue de façon... directe (ex. langues romanes[10]), est introduit par une préposition. Parmi les plus courantes, citons :

  • va : compl. d'objet (accusatif)
  • pu : compl. d'attribution (datif)
  • ke : compl. de nom, possession (génitif)
  • dem : compl. de nom, partitif (partitif)
  • kan : compl. de moyen (instrumental)
  • ton : compl. de manière (instructif)
  • etc.

Seule la fonction sujet (absolutif, ergatif) n'utilise pas de préposition introductive.

Mannace sóipca

Le Mannace est une langue hautement flexionnelle, comptant 18 cas. Leur formation est toutefois régulière. En plus des habituels nominatif, accusatif, génitif, datif et instrumental, on trouve aussi le comitatif, le causatif, le final, des cas de localisation, ainsi que 4 cas beaucoup plus inhabituels : le partitif, le relatif (pour l'antécédant d'une PSR) ainsi que deux cas 'aspect : l'inactuel et l'imperfectif, qui viennent remplacer l'accusatif de l'objet d'un verbe transitif (ou le nominatif du sujet d'un verbe intransitif), en précisant l'aspect du verbe.


Olyen

L'olyen compte trois cas (ou quatre, selon les interprétations), indiqués par des grammèmes dédiés, dits de rôle, suivant une structure d'actance active-stative :

  • Agentif (i-) : igýyn "(la) fille" (agente)
  • Patientif (Ø) : gýyn "(la) fille" (patiente ou oblique)
  • Désagentif (ie-) : iegýyn (la) fille" (ni agente ni patiente, volonté indéterminée ou relative, souvent à qui l'on fait faire quelque chose ou réfléchissant le procès sur soi-même).

Enfin, certaines grammaires comptabilisent un nom/argument introduit par un déterminatif, alors non-marqué d'un grammème de rôle (à l'instar du patientif), comme revêtant le rôle (ou cas) oblique ou circonstanciel.

Igýyn vál gënkéi "la fille (agent) lit le topique".
Gýyn gír "la fille (patient) a froid/est froide/refroidie".
Iegýyn lín húun "la fille (désagent) plaît au garçon".

Quenya

En Quenya, le nombre de cas varie suivant les interprétations. L'hypothèse haute du nombre de cas est de dix :

Sprante

Article détaillé

Les cas du sprante sont au nombre de six, et affectent les noms et les pronoms :

Les quatre premiers peuvent être déclinés en nombre : lorsqu'un mot est à l'un des deux autres, on ne peut préciser le nombre que grâce aux particules yir (singulier) ou wuy (pluriel).

Uropi

Langue à deux cas, le deuxième cas étant ici le génitif, utilisé, ici comme dans bien d'autre langue, comme flexion du complément du nom. La flexion au génitif dépend de la terminaison au nominatif :

Nominatif Génitif
-_, -E -I, -IS
-A, -AS -U, -US
-(autre voyelle)
Invariable

Ŧhub

Le ŧhub dispose de trois cas de déclinaison :

un pour le sujet : le nominatif
un pour l'objet, direct ou indirect, à l'exclusion de toute autre utilisation[11]: l'objet
un pour toutes les autres fonctions grammaticales : le régime.

Volapük

Le Volapük utilise les mêmes cas que l'allemand ; cependant, les déclinaisons sont beaucoup plus régulières et les articles et adjectifs ne sont pas concernés.

Yefithil

En Yefithil il existe 7 cas :

Les quatre premiers cas ne s'appliquent qu'aux verbes, ils ne reçoivent jamais de préposition et servent à indiquer les compléments principaux des verbes (sujet, COD, COI, COS, etc). Ainsi, un verbe monovalent aura un complément au nominatif, un verbe bivalent deux compléments (nominatif et accusatif), un verbe trivalent trois compléments (nominatif, accusatif et datif) et un verbe quadrivalent quatre compléments (nominatif, accusatif, datif et ablatif).

Les trois autres cas servent à indiquer les autres compléments circonstanciels et nominaux. Ils servent aussi tous trois de prépositionnels.

Voir aussi

Articles connexes :

Liens externes :



  1. Alors que dans certaines langues (finno-ougriennes, notamment), la flexion remplace l'adposition.
  2. —Tu es d'où ?
    —De St Symphorien d'Ozon
    Différence notable avec la question :
    —Tu viens d'où ?
    —De chez moi (ablatif).
  3. Ou peu s'en faut !
  4. usages très particuliers
    dans les langues finno-ougriennes.
  5. Dans les langues qui en disposent, il est souvent distinct du génitif.
  6. ... ni l'objet, pour l'exemple mentionné.
  7. Toutefois, cette syntaxe est fortement malmenée dès lors qu'un pronom personnel devient complément d'objet, et pas à tous les coups, ce qui corse la difficulté :
    Vous offrez une saucisse à Marylène.
    Vous l'offrez à Marylène
    Vous lui offrez une saucisse
    Vous la lui offrez.
    Mais
    Vous pensez à Marylène
    Vous pensez à elle.
    Vous pensez à votre saucisse (celle que vous avez offerte à Marylène)
    Vous y pensez.
  8. 8,0 8,1 8,2 8,3 Utilisé dans la voix pronominale, quel qu'en soit le sens : réfléchi (sing. & plur.), réciproque ou concaténé (pluriel :
    les hommes devraient s'aimer comme des frères au lieu de se faire la guerre.
    les jours se suivent sans se ressembler.
  9. En latin, le locatif n'est utilisé que dans certains noms (DOMI).
  10. Toutefois, en castillan, le COD est rendu par la préposition a s'il s'agit d'une personne :
    querria pan = je voudrais du pain
    quiero a Maria = J'aime Maria.
  11. ... comme ce pourrait être le cas en espéranto, en latin ou en aneuvien.