Antonyme

Un article de Ideopedia.

Également appelé "contraire", l'antonyme d'un mot a un sens totalement opposé dans une langue considérée, par exemple

vite/lentement
young/old
pequeño/grande
salire/scendere.

Sommaire

Affixation

Dans les exemples ci-dessus, les contraires des mot sont représentés par d'autres mots, issus de radicaux complètement différents. Or dans beaucoup de langues, on trouve des mots et leur antonyme avec un radical commun et un affixe (préfixe, le plus souvent[1]) pour les différencier.

perméable/imperméable
friendly/unfriendly ((in-)amical)
ordinato/disordinato ((dés-)ordonné)
вещество/антивещество ((anti-)matière)

Ce type de construction (par affixe) est très prisé des créateurs de langues auxiliaires, notamment Ludwik Lejzer Zamenhof (fondateur de l'espéranto), afin de pouvoir avoir un maximum de définitions avec un minimum de radicaux :

malbona, contraire de bona
neflen[2], contraire de flen
elipòtendar[3], contraire de potendar.
mavod[4], contraire de vod.

Toutefois, ce système pour pratique qu'il soit, a ses limites et on trouve parfois des "couples" de mots (l'un avec l'affixe et l'autre sans) dont l'un n'est pas vraiment, ou pas du tout le contraire de l'autre, ou bien ne l'est que dans une des acceptions du mot ; exemples francophones :

railler = ironiser au dépends de.../dérailler = quitter les rails
pitoyable (inspire la pitié, en bonne ou mauv. part)/impitoyable (ne ressent aucune forme de pitié ou de compassion).

Cette forme suppose qu'une acception (l'antonyme) soit une dépendance de l'autre, ce qui peut être sujet à caution : la gauche (maldekstro en Espéranto) est "considérée" comme le contraire de la droite (dekstro) ; mais qu'est-ce qui empêche que la droite soit considérée comme le contraire (-malo) de la gauche[5]?

Elko

L'affixe est également utilisé en elko. On intercale l'infixe -A- entre la voyelle centrale de la clé dont on veut obtenir le contraire et la consonne de queue de celle-ci :

Exemples :

tora : fort → toara : faible
nawo : matière → naawo : antimatière
dola : clair → doala : foncé, sombre
sisi : tirer → siasi : pousser.

Autres méthodes

Anacycliques, ambigrammes

L'antonyme d'un mot peut être obtenu, dans certaines idéolangues, en inversant l'ordre des lettres du "mot de départ", avec ou sans adaptations orthographiques, ce qui a pour conséquence une "dépendance réciproque" entre les deux termes, ou bien, en retournant complètement le mot, à supposer que l'alphabet s'y prête, bien entendu...

Exemples aneuviens
pax = paix ; xap = guerre
drex = droite ; skerd (anacyclique approximatif phonique)[6] = gauche
soqb = sage[7]; qbos = téméraire, fou, inconscient
blo = endroit ; olq (ambigramme approximatif par glissement du l bas de casse) = envers.



L'idée de contraire ou de négation[8]peut, elle même, être discutée : le contraire de "rien" est-il "tout" ou "au moins un" (autrement dit : "pas rien"). Une idéolangue comme le kotava fait la distinction entre les deux (négation & contraire) avec deux préfixes : respectivement me & vol. La combinaison des deux peut être utilisée pour des artifices de rhétorique, appréciés par les uns, considérés comme pompeux par d'autres:
Va, je ne te hais point. (Corneille : Le Cid)


  1. On trouve aussi des suffixes, comme dans without, contraire de with
  2. Inamical
  3. Impossible.
  4. Plein
  5. Du reste, toujours en espéranto, "sud" se dit sudo et non malnordo!
  6. Avant 1986, skerd se prononçait /skɛʁd/, l'anacyclique, en A.P.I de /dʁɛks/.
  7. soqb et sof sont deux paronymes aneuviens, traductions du français "sage" avec des acceptions différentes, toutefois, l'antonyme de sof sera obtenu de manière traditionnelle : elisof
  8. Ces deux notions peuvent, dans certains cas être prises l'une pour l'autre, dans la mesure où une négation est considérée comme le contraire d'une affirmation