Accord

Un article de Ideopedia.

Sommaire

Définition

On appelle accord les différentes marques que peuvent prendre les noms, les pronoms, les verbes, les adjectifs, les adverbes ou toute autre classe grammaticale en fonction des caractéristiques du nom qu'ils qualifient (en général) ou du contexte de la phrase. Pour faire une analogie, on peut rapprocher le mot "accord" (grammatical) du mot "réglage" : on ajuste le mot qu'il faut accorder (adjectif, verbe, article etc...) afin de le mettre en phase avec le mot auquel il se rapporte :

La petite-fille attend son grand-père → Les petites-filles attendent leur grand père[1].

Les mots invariables ne subissent jamais l'accord. Les langues utilisant l'accord sont dites flexionnelles[2]tandis que celles n'utilisant que des mots invariables sont dites isolantes.

En anglais, les adjectifs sont invariables, alors qu'ils s'accordent en genre, en nombre en français, portugais... et en plus en cas en latin et dans les langues slaves. En russe, le verbe au passé s'accorde en genre et en nombre avec son sujet (terminaisons: -л, -лa, лo, ли).

En anglais toujours, l'adjectif "possessif" ne s'accorde pas avec le nom qu'il désigne mais avec la personne, y compris à la troisième :

He has attended her son for three years. = Il fréquente son fils[3]depuis trois ans.

Les raisons des accords

La nécessité d'un accord entre différents termes d'une phrase est bien entendu lié à l'histoire de la langue (notamment pour les langues naturelles) mais également pour des raisons pratiques. Une langue où le pluriel est phoniquement distinct du singulier (par exemple) pour TOUS les mots sans exception aura beaucoup moins besoin d'accord qu'une autre où on trouve des flexions homophones.

Ainsi, dans ces paires d'exemples :

La bela hundo, la belaj hundoj
the beautiful dog, the beautiful dogs /dɔg dɔgz/
de bel kun, de bel kune /kun kune/
àt ryln hœnd, àr rylne hœnde
kala kero, kala ikero
PVLCHER CANIS PVLCHRI CANES
le beau chien, les beaux chiens.

On voit bien que, dans certaines langues, la flexion de l'article défini (s'il en est un) est indispensable, alors que dans d'autres, cet article est invariable et ça ne nuit pas au sens du texte, il peut même être absent. Plus une langue a de flexions homonymes, plus les accords sont indispensables pour avoir une chance de trouver, dans un syntagme donné, un mot dont la flexion voulue ne soit pas homonyme d'une autre flexion. Il peut arriver (notamment dans des langues naturelles) que tous les termes d'un syntagme s'accordent entre eux (même si la flexion (nombre, cas) n'est pas homonyme avec la flexion de référence lexicale), ce qui peut créer une "surcharge d'accords", comme en espagnol (castillan), dans

El perro bello, los perros bellos.

L'accord, pour un adjectif, notamment peut donner un renseignement concernant le nom qu'il qualifie, ainsi, dans les deux syntagmes qui suivent, l'adjectif (placé à la fin) se rapporte au premier ou au deuxième nom :

un gilet de soie bleu[4]
un gilet de soie naturelle.

Quelques problèmes !

Notamment ceux qui peuvent survenir avec des noms comme "une majorité de, la plupart" etc. où le verbe s'accorde plutôt avec le complément du nom qu'avec le nom lui-même.

La plupart d'entre nous voteront pour.

Il peut même arriver qu'avec un nom collectif singulier, on y associe un verbe au pluriel, comme c'est le cas en anglais comme orchestra, police, government.

The police rush[5].

Idéolangues

Aneuvien

Les articles, les adjectifs qualificatifs, démonstratifs, certains indéfinis et numéraux, ainsi que les verbes (à certains modes seulement) s'accordent en nombre avec les substantifs avec lesquels ils sont en relation. Il n'y a pas d'accord en genre et en cas.

Er inzhar ær rube tomoże kœm àr vicynduse = Nous avons mangé ces tomates rouges avec les voisins.


Elko

En elko les mots ne s'accordent pas entre eux, mais il ne sont pas invariables pour autant. Ainsi si une marque de genre ou de nombre est posée sur un nom, elle n'aura pas besoin de l'être sur les mots environnants.

Exemple : Wina ihido lili → Les petits enfants jouent (une seule marque de pluriel).

Espéranto

Les adjectifs s'accordent en nombre et en cas avec les noms qui leur correspondent, mais pas les verbes, ni les articles ni les déterminatifs.

Ili skribas tio grandajn artikolojn = Ils écrivent ces grands articles.

Galum

En galum, il n'y a jamais aucun accord entre les mots. En effet, seuls les pronoms et les adjectifs possessifs suivent une flexion en fonction du genre ("o" masculin ; "a" féminin ; "e" vivant ; "y" objet concret ; "i" idée abstraite) et du nombre (ajout d'un "l" pour le pluriel).


Kotava

L'accord des adjectifs qualificatifs se fait par référence euphonique. C'est à dire que l'adjectif prend comme suffixe final la même voyelle que la voyelle finale du nom qu'il qualifie. Si le nom se termine par une consonne, il n'y a pas de référence euphonique.

Exemple : listaf patectoy (un joli paysage)
Exemple : baroye blujte (trois habits).

Uropi

En uropi, les verbes ne se conjuguent pas avec les personnes et les adjectifs sont invariables.

Le jun kide av skriven = Les jeunes enfants ont écrit.

Yefithil

En yefithil, la plupart des mots s'accordent entre eux, les adjectifs s'accordent en nombre et en niveau de langage avec le nom qu'ils qualifient et les adverbes en temps avec le verbe qu'ils qualifient (en général).



  1. Qu'ont peut également orthographier de la manière suivante : ... attendent leurs grands-pères si elles ne sont pas de la même famille.
  2. Encore que certaines langues flexionnelles n'appliquent aucun accord entre les mots d'un syntagme, voire, entre les différents syntagmes.
  3. À elle.
    L'aneuvien s'en est inspiré pour l'adjectif personnel indirect non réfléchi :
    Da bytàlen ed neràpdax kan devèr tern jàreve.
  4. Là, la grammaire est un allié de taille ! Dans "un gilet de soie rouge, vert, marron..." on doit plutôt faire appel au bon sens.
  5. et non rushes